​« Si j’étais resté aux Comores je deviendrais probablement un mendiant »

Un jeune comorien non voyant de 21 ans, natif d’Itsamia Mohéli et résident à l’ile de la Réunion a obtenu son Bac cette année série économie et social (ES) avec une mention assez bien. Un événement qui a défrayé la chronique aussi bien en métropole qu’à l’ile de la Réunion en passant par Mayotte.

 En vacances au bercail, La Gazette / HZK-Presse est allé à sa rencontre à Itsamia et il a accepté de raconter son histoire.
 

« J’ai perdu la vue lorsque j’avais 3 ans, je ne me souviens de rien, le docteur m’a dit que c’est suite à une maladie héréditaire » explique Ahmed Chamsi Said, ce jeune garçon natif d’Itsamia, qui a obtenu son BAC (ES) cette année à l’ile de la Réunion avec une moyenne de 13,25 et mention assez bien. A Mayotte d’abord où Ahmed Chamsi est arrivé par la voie de kwassa kwassa à l’âge de 6 ans, il a suivi un cursus scolaire de la maternelle au CM2 à Passamainti dans une CLISS (une classe spécialisée pour personnes handicapées). « Parallèlement je suivais des cours dans des classes normales » a-t-il indiqué avant de préciser « la classe de 6ème je l’ai faite au collège de Kawéni ».
Ensuite ce jeune aveugle, par l’intermédiaire du préfet « dans des circonstances très particulières » dit-il, est arrivé à La Réunion avec un passeport comorien. Ici il a intégré le collège Bourbon à Saint Denis où il est sorti 2ème de la classe avec une moyenne de 16, « il s’agit d’une classe normale sans aucune assistance » dit-il. Ahmed a appris dès le début de sa scolarité à manier son ordinateur avec une écriture en braille, crée pour les personnes atteintes de cécité. « J’écoute et je me mets tout de suite à écrire sur mon ordinateur et une fois à la maison j’étudie avec » explique-t-il.

Pour les devoirs et les examens, il suffit, selon lui, d’avoir une clef USB, n’importe quel ordinateur peut transformer l’écriture en braille en écriture normale lisible pour tout le monde et l’inverse est aussi possible. « Certains enseignants me remettent directement les cours sur clef et dans mon ordinateur je transforme le texte en braille que je lis facilement » précise-t-il sans aucune complexité en langue française et sans aucun un accent.

Ahmed Chamsi Said, qui n’a jamais redoublé une classe a finalement obtenu son BAC cette année au lycée Levergé et compte poursuivre des études en droit pour devenir un jour avocat ou juge. Et il compte également fonder une famille. « Je ne vous envie de rien, nous sommes pareils à une petite différence près…. » Nous a-t-il lancé avec le sourire.

Son cri d’alarme s’adresse aux autorités comoriennes pour qu’ils s’investissent d’avantage en faveur des personnes handicapées pour leur assistance et intégration à la vie active. « Si j’étais resté aux Comores je deviendrais probablement un mendiant » a-t-il déploré avant d’exprimer son plus cher vœu qui est celui de servir un jour son pays natal. Et il rend grand hommage à la France grâce à laquelle il a pu et continue à s’instruire.
Avec sa canne blanche, Ahmed a voyagé tout seul dans beaucoup de pays et est venu tout seul jusqu’à l’aéroport de Bandar es Salam. Plusieurs festivités sont organisées ce week-end à Itsamia pour fêter l’événement.
Mouayad Salim
Source :  HZK-Presse

2 commentaires sur ​« Si j’étais resté aux Comores je deviendrais probablement un mendiant »

  1. Les Comores doivent, en effet, remercier La France et la Reunion pour un geste pareil.
    Néanmoins, cela ne doit pas faire oublier l’acte lâche que la France a commise en 1975 dans notre paradis en semant le « Fitna » entre Moyotte et les 3 autres îles.
    Ce geste est certainement beau et important pour ce jeune, mais il est très important aussi pour tout comorien, où qu’il soit, de toujours revendiquer et rappeler nos revendications légitimes sur l’île de Mayotte.
    Surtout nous devons enseigner à nos enfants ce qu’elle est réellement cette amie des Comores qui s’appelle la France.
    En effet,bien que le fer est important, on échange pas l’or avec du fer.
    Réveille toi Jahe!

  2. Il faut surtout demander au gouvernement comorien et aux journalistes comoriens d’arrêter d’insulter l’Île Française de Mayotte(La FRANCE). La République islamique des Comores a besoin de Mayotte (La FRANCE) pour développer son activité économique et sociale dans l’intérêt général de peuple comorien.

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