​Des promesses, des confirmations et des progrès

Les Coelacanthes des Comores (141ème au classement Fifa) disputaient un match amical en Tunisie contre la Mauritanie (98ème au classement Fifa), quelques mois après leur désillusion face au Malawi (défaite 1 à 0). Après deux matchs nuls encourageant en amical fin 2016 contre le Togo 2-2 et le Gabon 1-1, les hommes d’Amir Abdou ont enchainés avec une contre-performance contre le Malawi en phase qualificative pour la CAN 2018, qui les place dans une position bien délicate (dernier à égalité de points avec le Maroc, derrière le Cameroun et le Malawi) après seulement une journée de disputée. Oui mais voilà, le 6 octobre contre la Mauritanie, les Comores ont montrés qu’ils pouvaient faire bien mieux que leur contre-performance face au Malawi. Une victoire probante, avec un fond de jeu très intéressant, une revue d’effectif avec des jeunes joueurs qui se sont très bien intégrés ainsi qu’un coach qui ne cesse de prouver qu’il a les qualités nécessaires pour s’imposer contre de belles équipes africaines.
Les jeunes s’affirment.
Dans son 4-3-3, coach Amir a du faire avec plusieurs absents de taille : Youssouf Mohamed, Faïz Selemani qui devait honorer sa première sélection et surtout le buteur phare des Coelacanthes El Fardou Ben Mohamed (tous étaient blessés), Youssouf Benjaloud par choix du coach ainsi que Rafidine Abdullah (problème administratif avec son club) n’étaient donc pas du déplacement en Tunisie. Place donc à une liste rajeunie avec les premiers pas internationaux de quatre joueurs : Djamaldine Atoiyi et Abdel Hakim Abdallah, tout deux 20 ans évoluant à Troyes, Ahmed Soilihi 21 ans joueur de Marseille Consolat ainsi que Saïd Bakari, 23 ans, qui joue à RKC Waalwijk (2ème division des Pays Bas). Une intégration totalement réussie sur le terrain et en dehors, facilitée par l’expérience des anciens tels que « Canto » Mchangama, Kassim Abdallah ou encore Nadjim Abdou pour ne citer qu’eux.
La qualité de jeu.
Après un premier quart d’heure difficile où Ali Ahamada a du faire valoir tout son talent pour garder ses cages inviolées, les Comores ont pris le dessus sur cette belle équipe mourabitoune. Beaucoup de phases de jeu très intéressantes, variant passe courte et passe longue (à noter qu’en 1ère période les Coelacanthes étaient face au vent et donc très difficile de jouer long). Mais la nouveauté se trouvait sur le côté droit ! L’apport offensif du jeune Atoiyi tout au long de la partie a été considérable ! Une grosse pointe d’accélération, une superbe entente avec tout le côté droit comorien (composé de Kassim Abdallah en arrière latéral ainsi que du jeune Mze Ali Ancoub à droite au milieu du terrain), et de très bons choix font de lui un joueur à surveiller de très près. Une entente entre nouvelle et ancienne génération symbolisée par le seul but du match, une superbe action collective, débutée par Atoiyi, puis une très belle passe dans le dos de la défense par Abdallah Ali Mohamed (jeune joueur de l’OM) pour Youssouf Mchangama qui finit avec une frappe croisée qui laisse aucune chance au gardien de la Mauritanie.  

Et maintenant ?
Une base très solide pour voir les beaux jours de la sélection mais, car oui il y a toujours un « mais », il ne faudrait pas céder à la facilité car la route est encore très longue ! Les prochaines échéances nous en diront un peu plus sur les capacités du groupe de coach Amir : un match amical le 11 novembre contre Madagascar ainsi que LE plus grand rendez-vous de l’histoire des Coelacanthes contre le Cameroun le 23 mars. Deux gardiens de qualités, une défense expérimentée, un milieu de terrain rugueux et intelligent avec Bachirou Fouad qui excelle dans la relance ainsi que pour casser les lignes, un Mze Ancoub qui s’affirme comme LE futur grand talent comorien, un numéro 10 toujours aussi talentueux et impressionnant en la personne de Youssouf Mchangama et une ligne offensive rapide et technique… Certes tout est loin d’être parfait, il y a encore beaucoup de travail à effectuer notamment tactiquement  mais nous avons là les ingrédients pour avancer et surtout travailler correctement.  La sélection se professionnalise bien qu’au niveau des financements, tout est toujours aussi compliqué. Mais tout le staff derrière Amir Abdou ainsi que Ben Amir travaille pour offrir au peuple comorien le plaisir de la victoire et hisser les îles de la Lune là où elles méritent d’être.  
Nadjime Moegni.

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