​Que dire de ce monde? Neymar, un joueur de soccer, coûte plus cher qu’un pays, les Comores

Ce n’est pas un gag! C’est la triste réalité! Les 220 millions € que va coûter le transfert de Neymar sont supérieurs au budget national de cet archipel habité par près d’un million d’âmes, coincé entre l’île de Madagascar et le continent africain, à équidistance.

J’éviterai de dire que les enfants constituent la majorité de ses habitants. Les bonnes âmes pourraient y voir la raison de cette inégalité inhumaine. Vous en connaissez certainement une qui dernièrement s’est époumonée ainsi: » Écoutez, amis africains, surtout comoriens, que pêchent par dizaines les kwassa-kwassa! Pour éviter la pauvreté, faites moins de mioches! C’est prouvé par sa sainteté Malthus. »

On en rirait s’il n’y avait pas mort d’homme. On en rirait si par centaines de millions des enfants dans le monde n’étaient pas menacés de mort par la faim, comme c’est le cas actuellement en Somalie, par des maladies diverses qui ont disparu ici depuis près d’un siècle, comme au Yémen, de viol et de tortures, comme dans les favélas ou les rues du Congo. C’est une réalité que tous nous connaissons.

Certains, s’oubliant, en viennent à en vouloir au monde au point de tuer des innocents ici. Alors même qu’ils sont ceux dont les achats des maillots des dits « grands clubs » et des abonnements au stade et à je ne sais quoi permettent à ce qu’un joueur de foot vaille plus cher qu’un pays entier. 

Je bouts au fond de moi quand je vois les gens commenter l’arrivée de Neymar à Paris, car les 220 millions € qu’il coûte sont supérieurs au budget de mon pays d’origine. J’enrage d’autant plus qu’il y a à peine quelques semaines une délégation de fonctionnaires du FMI exigeait que le budget des Comores n’excède pas les 81 milliards francs comoriens (CFA), soit un peu plus de 152 millions €.

Le summum de l’indécence a été dépassé! 

Au diable les déclarations de bonne conscience des institutions et organisations internationales! Au diable l’hypocrisie du monde! Au diable  les bonimenteurs qui vont au nom des religions construire des temples, en Afrique alors que l’Africain manque du minimum humain. Des mosquées construites par les pétromonarchies poussent aux Comores comme des champignons, alors que le Comorien manque des basic needs! Quel Dieu adore-t-on? Celui dont le Prophète a dit à la Kaaba que l’intégrité du croyant était plus importante qu’elle, bien qu’elle soit la direction de la prière du croyant musulman? Ou un autre? 
Il faut me dire car j’ai du mal à comprendre. Depuis tout petit, on m’a appris que l’humain était le frère de l’humain. On m’a surtout appris que le musulman était par rapport à un autre musulman ce que sont deux faces d’une même pièce, aucun ne peut exister sans l’autre.

Seulement, petit, j’ai été exclusivement soigné gratuitement par soeur Cosette, qui est restée plus de 40 ans aux Comores, non pour nous convertir au christianisme, à ma connaissance, elle n’en a converti aucun, mais pour servir l’homme. Quel jeune comorien de mon âgé né aux Comores pourrait se targuer de n’être jamais passé chez Mon Péra (nom du dispensaire de Soeur Cosette, donné par les Comoriens, venant certainement de Mon Père), à part les nantis? Où étaient les pétromonarques, à l’époque? Où sont-ils aujourd’hui quand le bac, en raison de problèmes de salaires non versés ou non augmentés, se fait en été aux Comores, depuis plus de 20 ans, que les gens meurent des maladies les plus bénignes aux Comores, peut-être le seul pays musulman sunnite à 100% au monde?

Ils sont qui entrain de payer la djiziat à Trump, qui entrain d’investir des milliards dans le foot. 

Voyez-vous, il n’y a pas les méchants non-musulmans d’un côté et les bons musulmans de l’autre. Comme l’homme n’est jamais entièrement bon, ni jamais entièrement mauvais. Il est bon seulement quand il fait plus de bien qu’il ne fait de mal et mauvais quand c’est l’inverse. Soeur Cosette, je l’aimerai naturellement parce que, comme l’a si bien dit notre mère Aisha, femme du Prophète, « les cœurs sont naturellement faits pour aimer quiconque leur fait du bien et détester quiconque leur fait du mal ». Exactement comme le Prophète a aimé son oncle Abou Talib, et ce de l’aveu même du Coran. 

Il doit en exister des Sœurs Cosette musulmanes qui œuvrent pour Dieu, puis pour les hommes, sans regarder leurs confessions. Comme nous voyons qu’une convergence d’intérêts réunit Trump avec les pétromonarchies aujourd’hui. Demain, ils rompront pour les mêmes raisons. Il faudra laisser la religion de côté, quand cela se produira. N’oublions pas que pour bouter l’URSS hors d’Afghanistan, la politique états-unienne et ses alliés ont aidé à relancer le djihadisme qu’on dit combattre aujourd’hui. Comme business is business, religion doit rester religion. 

Ne nous laissons pas embarquer dans des oppositions inutiles qui font s’entretuer ou s’entre-déchirer les faibles et laissent dans la quiescence les puissances. 

Nous vivons dans la trumperie et la niaiserie de ceux qui, hagards, ignorent que c’est eux qui font Neymar et dans le monde tout ce bazar. Et en attendant qu’ils se réveillent, œuvrons à faire pousser des sycomores, les fruits profiteront aux Comores. On ne sait jamais.

Humainement vôtre.

M.B

2 commentaires sur ​Que dire de ce monde? Neymar, un joueur de soccer, coûte plus cher qu’un pays, les Comores

  1. Quelle honte pour les comores et les comoriens!
    Est-ce que Cheick Badjrafil était obligé de nous humilier ainsi aux yeux du monde?Si oui pourquoi? Les meilleurs d’entre nous doivent rehausser l’image du pays et non le contraire. Les voyous qui nous gouvernent devraient avoir honte.

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