35 enfants abandonnés en un mois à Anjouan

Les chiffres concernant les abandons d’enfants suite à des violences conjugales sont alarmants aux Comores. A Anjouan, 35 cas ont été recensés du 2 au 30 janvier dernier.

Le CEV (Comité des enfants vulnérables) de la préfecture de Mutsamudu et le service d’écoute local ont fait part de leur vive inquiétude sur la situation à Anjouan.

« Les 8, 9 et 10 janvier 2013, on a enregistré quatre cas. Neuf enfants sont abandonnés par leur père, à Chiwé, un autre à Koki. A Hombo, c’est encore grave car la maman est une collégienne mineure. Une agression sexuelle aurait eu lieu aussi à Sima », indique Fatima Bacar, responsable du service d’écoute dans les colonnes de La Gazette des Comores.

D’autres faits malheureux ont été rapportés, rajoute-t-elle. « Au quartier Frahani, un abandon de foyer suivi d’une grossesse de cinq mois, 4 enfants sont aussi abandonnés à Bazimini, deux autres sont victimes du même cas de maltraitance, à Lazzari-Mutsamudu et un au quartier Trésor. Enfin, on a enregistré deux cas pour le 30 janvier 2013, dont un abandon d’enfant, et un autre avec une grossesse ».

Et récemment, une femme a abandonné son fils après avoir été battue par son mari. Ce drame a été enregistré dans la ville de Sangani au Nord-est de la grande Comore.

Parmi tous ces cas, un seul a été porté devant le juge des enfants, fait savoir le service d’écoute, déplorant l’impunité de la plupart des actes.

Sur l’archipel, recourir à des procédures extrajudiciaires est encore une pratique très courante, notamment lorsqu’il s’agit de cas de viol. Ce genre de délit est passible de 5 à 10 ans de prison mais la majorité des cas ne passent pas devant le tribunal, indique une représentante de l’archipel ayant participé à une « plateforme régionale de lutte contre les violences à l’égard des femmes » organisée en 2011.

« La violence conjugale est courante et prend de plus en plus d’ampleur » aux Comores. (…) « Des filles mineures se prostituent, il y a de la violence physique, verbale, économique. Une jeune fille sur deux subit des violences sexuelles, notamment des viols dans le cadre de mariages forcés ».

L’an dernier, lors de la célébration de la journée internationale contre la violence basée sur le genre, la ministre comorienne Moinafouraha Ahmed- en charge de la Santé, de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Promotion du genre- avait reconnu que la situation “ prend des proportions considérables“, sur l’archipel.

Mais, “la délégation des droits de l’homme travaille avec la Justice afin d’insérer des recommandations, dans ce sens, dans le code de procédure pénale en cours de révision”, assure le ministre comorienne Moinafouraha Ahmed en charge de la Santé, de la Solidarité.

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Abou Ramzane

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