A El-Maarouf, la clé est sous le paillasson

lgdcDepuis une semaine, El-Maarouf a mis la clé sous le paillasson. Rien n’indique que le travail y reprendra de sitôt. Hier, le personnel de l’hôpital et des bénévoles ont procédé à un coup de balai pour redonner vie au bâtiment hospitalier. Mais il n’y a toujours pas d’eau et les toilettes demeurent un vrai casse-tête chinois…

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Il ne fait pas bon être malade ces derniers temps à Moroni. A El-Maarouf, cela fait une semaine, les patients n’y sont plus acceptés. Il n’y a pas de grève pourtant, mais le personnel justifie cet arrêt « forcé » par les mauvaises conditions de travail actuelles dans le principal établissement hospitalier national.

« C’est la seule solution pour nous de pouvoir travailler dans de meilleures conditions », a indiqué l’un des meneurs du mouvement de contestation, estimant que la propreté et l’hygiène sont des conditions premières.

Toute la journée d’hier a été consacrée au nettoyage de l’hôpital à l’initiative du personnel. Des bénévoles ont aussi répondu à l’appel et ont mis la main, moyennement, à la pâte. Comme le jeune Mohamed Choudjay, stagiaire à Comores Télécom : « Je suis venu nettoyer par devoir citoyen », a-t-il dit.

Pour rappel, ce mouvement a été enclenché la semaine dernière pour quatre raisons : pas d’électricité (les trois groupes électrogènes sont en panne), pas d’eau, toilettes inutilisables et des ordures qui envahissent l’hôpital.

Aujourd’hui, deux petites solutions commencent à se dessiner. Ainsi, l’on dit que pour l’électricité, « bien que provisoire », une solution a été trouvée avec le branchement du groupe électrogène se trouvant au centre Cheikh Khalifa Bin Zayed Nahyan situé juste à côté.

Une solution qui aura coûté 11 millions de francs, déjà décaissés par le gouvernement. Cela ne résout pas tout, car « il nous faut deux autres groupes pour assurer notre indépendance », a déclaré un des contestataires.

Une autre solution serait en vue, s’agissant des ordures. « Il y avait un blocage au niveau du site de décharge ; d’où l’accumulation des ordures à l’hôpital mais tout cela est en passe d’être réglé », a révélé, comme rassuré, notre interlocuteur. Pour l’évacuation et le transport des ordures jusqu’au site, un montant de plus de 10 millions de francs comoriens est demandé. Pour cela, le gouvernement aurait déjà donné son accord. Espérons qu’il sortira rapidement son chéquier.

Et la reprise du travail, c’est pour quand ? « Nous ne pouvons encore donner de date parce que tout n’est pas encore réglé », a fait savoir notre interlocuteur lequel précise que l’eau constitue encore un problème avant d’ajouter : « Les patients viennent ici avec des vases, parce qu’il n’y a pas de toilettes. Ça ne peut plus continuer ainsi ». Et ce défenseur d’El Maarouf de demander la compréhension du public car l’action menée n’est pas pour le nuire mais pour avoir de meilleures conditions de travail « afin de pouvoir mieux les soigner ».

En quittant El Maarouf, hier, la montagne d’ordures était encore là comme pour dire que la balle est dans le camp du gouvernement.

Faïza Soulé Youssouf/LGDC

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