A Ndzouani, un air de campagne électorale avant l’heure

Un combat de gladiateurs. Dans la perspective d’un éventuel référendum constitutionnel, anti- et pro-Assises fourbissent leurs armes sur l’île de Ndzouani où ce week-end était éminemment politique.

Samedi 24 février, dans son discours lors de la cérémonie du lancement de la campagne de reboisement à Ndzouani, le gouverneur Salami Abdou Salami en a profité pour mettre en garde le président Azali ainsi que ses soutiens politiques dans l’île contre toute idée de remise en cause du tour d’Anjouan en 2021. « Nous n’allons pas vous laisser faire », a-t-il prévenu sous les applaudissements nourris de l’assistance. Dans ce même discours, le chef de l’exécutif de l’île a appelé les Anjouanais à « être indulgents envers ceux qui ont décidé de prendre part aux Assises malgré le fait que nous leur avons prévenu de ce qui se tramait à travers ce forum et que nous connaissions d’avance à savoir la volonté du président Azali de supprimer la tournante ».

Ce dimanche 25, depuis Chiconi où se tenait le congrès du parti Soma, Anissi Chamsidine a, à son tour, virulemment attaqué le camp du gouverneur qui, selon lui, chercherait à isoler l’île d’Anjouan. « À cause d’un différend sur un crédit téléphonique, on a voulu me monter contre l’Etat (sous Ikililou, ndlr), mais j’ai refusé, je me demande ce qui pousse aujourd’hui mon frère Abdou Salami à s’opposer à un pouvoir dont il a lui-même contribué à mettre en place», a asséné l’ancien gouverneur pointant ainsi du doigt sans le nommer l’ancien président Sambi. D’ailleurs, tout au long de son intervention, le leader du parti Soma, n’a pas ménagé l’homme au turban vert dont il fut, pourtant, l’un des plus proches.

Exprimant sans ambages son soutien à la politique du président Azali, il n’a pas manqué de dresser toute une liste des attentes des citoyens par rapport au régime en place. « Mr le Président, les Comoriens attendent de vous que mettiez de l’ordre dans la gestion des deniers publics, ils veulent bénéficiez de soins et une d’éducation de qualité, ils aspirent à l’égalité de chance, tout cela n’est pas encore au rendez vous », a-t-il déclaré avant de réclamer que le Président exprime, enfin, clairement ses objectifs et qu’ils proposent un référendum pour « permettre à la population de valider ou non, les recommandations issues des Assises ». Un avant goût de ce que sera la prochaine campagne pour le référendum et les autres échéances à venir?

Par Faissoili Abdou

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