A vos marques, prêt… Signez !

Amnesty International lance aujourd’hui le « Marathon des signatures ». Une campagne qui vise à mobiliser l’opinion pour la défense de femmes et d’hommes, dont la vie est menacée. Parmi ceux-là, les habitants de la communauté de Bodo, au Nigeria, privés de leur moyen de survie par la pollution pétrolière.

Envie de s’engager pour la défense des droits de l’Homme ? Depuis aujourd’hui, Amnesty France propose le Marathon des signatures, une initiative lancée en 2008 en Pologne et dont l’objectif est de mettre en lumière des situations urgentes. Pour cela, l’ONG a lancé un site (www.marathondesignatures.org), sur lequel l’internaute peut s’engager en signant une dizaine de pétitions ou en envoyant des messages de soutien… « Il s’agit de proposer des actions concrètes et accessibles aux citoyens, explique Cécile Coudriou, vice-présidente d’Amnesty France, et ainsi toucher un plus large public que les militants ». Du militantisme à la portée de tous…

Mettre l’accent sur les crimes économiques

Alors que la défense des droits de l’homme est souvent associée à la liberté d’expression et aux combats politiques, cette nouvelle édition du « Marathon des signatures » veut mettre l’accent sur les droits économiques, sociaux et culturels. Parmi les exemples de crimes économiques, l’ONG souhaite attirer l’attention sur le drame que subissent les habitants de Bodo, au Nigeria. La contamination des eaux et de l’environnement par l’industrie pétrolière met en danger cette communauté qui vit essentiellement de l’agriculture et de la pêche.

Cinquante sacs de riz pour 69 000 habitants

La tragédie de la région de Bodo a commencé, il y a quatre ans, avec une fuite pétrolière qui a duré plusieurs semaines. Des jours durant le pétrole s’échappant des installations de l’entreprise a recouvert la terre et les rivières. Des milliers de pêcheurs se sont retrouvés sans moyen de subsistance et les cultures sont devenues inexploitables. Alerté, Shell refuse de nettoyer le site, considérant qu’il s’agit de sabotages. Face à la détresse des populations, l’entreprise pétrolière concède une aide… Elle fait parvenir 50 sacs de riz, à la communauté forte de 69 000 âmes. « Une insulte pour les habitants, qui ont refusé cette aide » raconte David Vareba, militant au Centre pour l’environnement, les droits humains et le développement (CEHRD) au Nigeria. « Nous ne demandons pas la charité, tout ce que nous voulons, c’est que l’entreprise Shell assume ses responsabilités et nous permette de pouvoir à nouveau vivre de la pêche et de la culture », explique le Pasteur Christian Lekova Kpandei. Débouté devant la justice nigériane, les habitants de Bodo viennent de déposer plainte en Grande-Bretagne, et espère que justice soit faite. En attendant, la situation devient urgente : les populations souffrent de graves problèmes respiratoires et le taux de mortalité a grimpé en flèche dans la région.

Stéphanie Hartmann

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