Afrique du Sud : Jacob Zuma défend son bilan en ouvrant le congrès de l’ANC

16 décembre 2012

Afrique du Sud : Jacob Zuma défend son bilan en ouvrant le congrès de l’ANC

Le président sud-africain Jacob Zuma à l’ouverture du congrès de l’ANC le 16 décembre 2012 à Bloemfontein ©AFP

BLOEMFONTEIN (Afrique du Sud) (AFP) – (AFP)

Le
président sud-africain Jacob Zuma a défendu son
bilan tout en promettant des changements, dimanche à
Bloemfontein (centre), en ouverture d’un congrès de
l’ANC qui devrait le reconduire
à la tête du parti au pouvoir malgré une
remuante opposition interne.

Dans un discours fleuve prononcé avec plus de quatre
heures de retard devant près de 4.500
délégués venus de tout le pays, le
président s’est voulu rassurant, se gardant bien
d’annoncer le virage à gauche que craignaient notamment
les milieux d’affaires.

« Nous devons attirer des investisseurs tant nationaux
qu’internationaux », a-t-il souligné, expliquant que
l’économie sud-africaine devait voir cohabiter le
secteur public avec le privé.

« Nous voulons combattre l’impression fausse que notre
pays part en lambeaux.(…) Nous avons un plan pour faire
croître l’économie et créer des emplois »,
a lancé M. Zuma, qui dirige l’ANC depuis cinq ans
et le pays depuis trois ans et demi.

Il a défendu point par point son bilan contre les
critiques qui pleuvent sur le Congrès national africain
(ANC), illustre mouvement de lutte anti-apartheid au pouvoir
depuis dix-huit ans, dans un pays où plus d’un quart de
la population a faim, où le système éducatif
est catastrophique et où les inégalités sont
toujours parmi les plus criantes du monde.

La route vers la prospérité sera « longue et
rude (…) mais l’ANC reste le seul espoir pour les pauvres
et les exclus », a-t-il martelé, reconnaissant
toutefois que « les conditions économiques mondiales
pourraient rendre nos tâches et ces plans plus difficiles ».

Il a promis des efforts dans l’éducation, le combat
contre la corruption ou la lutte contre le braconnage des rhinocéros.

Concernant le parti, M. Zuma a affiché sa fermeté
face aux voix discordantes, a jugé
« inacceptables » toutes les violences qui ont
accompagné le processus de désignation interne ces
derniers mois et a annoncé que le congrès devrait
prendre des décisions sur la fâcheuse habitude
qu’ont pris certains cadres du parti de vivre de
marchés publics.

La foule,
quelque peu assoupie pendant le discours prononcé sous
une tente surchauffée, a en revanche vibré quand
le président, remarquable chanteur, a entamé un
long hymne à la gloire de de son prédécesseur
Nelson Mandela, hospitalisé depuis une semaine à
Pretoria pour une infection pulmonaire et des calculs
biliaires à 94 ans.

La Ligue de la jeunesse, branche du parti qui est entrée
en opposition marquée au président Zuma, s’est
déclarée, sans surprise, déçue qu’il
n’ait annoncé aucune réforme radicale.

« Pour nous, au centre du changement radical de politique,
il y a (…) l’expropriation de terres (agricoles
exploitées par les Blancs) sans indemnisation et aussi
la nationalisation des mines.Nous sommes déçus
que le président n’ait rien dit à propos de la
nationalisation stratégique des mines », a
déclaré à la radio publique SAfm Ronald
Lamola, son président par intérim depuis
l’exclusion pour indiscipline du jeune tribun populiste
Julius Malema.

Jacob Zuma est archi-favori pour se succéder à
lui-même à la tête de l’ANC, qui fêtait
cette année son centenaire.Il sera confronté au
vice-président (du parti et du pays) Kgalema Motlanthe,
mais bénéficie du soutien d’environ 75% des délégués.

« Je pense que Zuma va gagner », a indiqué à
l’AFP Lekego Mashifane, représentant du Limpopo (nord)
une province pourtant hostile au président. »Vous
pouvez vous en rendre compte par vous-mêmes, tout va
bien. », a-t-il assuré à la presse.

Les délégués étaient dans l’ensemble
très disciplinés dimanche, loin des batailles
rangées qui avaient marqué le précédent
congrès à Polokwane (nord) en 2007, au cours
duquel M. Zuma s’était emparé du parti à la hussarde.

Ils devraient renouveler le « top six »
(président, vice-président, secrétaire
général, secrétaire général
adjoint, coordinateur national et trésorier) de l’ANC
à partir de dimanche soir, les résultats
étant officiellement annoncés lundi soir.

Le principal suspens concerne la place de numéro deux,
le charismatique Cyril Ramaphosa, un ancien syndicaliste qui
s’est illustré dans la lutte anti-apartheid avant de se
reconvertir dans les affaires, étant favori pour
succéder à M. Motlanthe.

Le congrès de l’ANC doit s’achever jeudi.



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