AGO de la Meck-Moroni : plus jamais ça !

​L’image parle d’elle-même. Lors de l’adoption des comptes du résultat et du bilan 2015 de la Meck-Moroni dans le cadre de son 18e Assemblée Générale Ordinaire, seules quelques dizaines de personnes ont levé leurs mains pour voter dans une salle vide. La Meck-Moroni compte près de 38 000 membres sociétaires.  Dans la soirée de cette journée tumultueuse, il fallait appeler les gendarmes pour venir départager les sympathisants des 2 candidats à l’élection du Président du Conseil d’Administration arrivés en tête. Les urnes ont été amenées à la Gendarmerie Nationale pour une sécurisation.  Pour l’ instant, le président du conseil d’administration n’est pas connu. Le scrutin est contesté par les membres sociétaires et les candidats. Ainsi, la mauvaise gouvernance de cette première institution de microfinance du pays, dénoncée dans ce blog depuis des années vient d’exploser en pleine figure aux dirigeants de la mutuelle qui n’ont pas voulu écouter nos alertes. Une organisation d’une assemblée générale ordinaire catastrophique, une élection sous haute tension avec des ruptures de stock des bulletins, des opérations de vote et de dépouillement qui n’ont respecté les réglés de l’art… autant de reproches et de disfonctionnement qui ont éclipsé les bons résultats économiques de la mutuelle pour l’exercice 2015.
 
En effet,le résultat de l’exercice 2015 est de 364 388 569 KMF contre 323 643 612 KMF en 2014. L’encours du crédit au 31 décembre 2015 s’élève à 8 796 509 327 KMF contre 7 201 301 563 Fc en 2014 et 4 299 764 621 KMF en 2012. Le dépôt des membres s’élève à près de 9 349 140 753 KMF au 31 décembre 2015. Par contre, les charges de la mutuelle continuent d’augmenter. Les frais généraux sont passés de 302 595 650 KMF en 2013 à 458 002 739 KMF en 2015. Les dotations  aux amortissements et aux provisions ont explosé, avec le provisionnnement de  prèsde 220 millions de KMF pour l’ ’impôt sur les bénéfices.Elles s’élèvent désormais à 504 487 293 KMF contre 195 028 330 KMF en 2014 ! 
 
Encore une fois, au cours des travaux de cette 18e assemblée générale ordinaire, les questions posées par les participants ont porté essentiellement sur la gouvernance de la mutuelle. Celle-ci a été encore une fois contestée et mise à mal par les membres de la mutuelle qui ont dénoncé le non-respect des textes qui régissent l’institution et l’appropriation des pouvoirs de l’AG par les élus et les salariés de la mutuelle. La gouvernance de la mutuelle se détériore d’année en année. Les statuts de la mutuelle adoptés par l’assemblée générale du 26 mai 2002 qui n’ont jamais fait l’objet d’une actualisation sont constamment violés et mis à l’ écart.
 
Lors de cette assemblée générale, deux organes importants de la mutuelle n’ont pas été renouvelés sans aucun amendement des statuts. En effet, les élus du Comité de crédit et ceux du Comité de surveillance n’ont pas été remplacés, un vide juridique lourd de conséquence  dans la gestion de la mutuelle. L’octroi des crédits échappera au contrôle des membres. Le Comité de crédit a la responsabilité de gérer le crédit conformément aux politiques et procédure définies en matière de crédit. Le Comité de surveillance est chargé de la surveillance de la régularité des opérations de la mutuelle et du contrôle de gestion.  Sur une interprétation fallacieuse et erronée  de la loi bancaire, deux importants organes statutaires ont été mis en veilleuse sans l’aval des membres. L’article 15 de la loi bancaire  du 12 juin 2013 avancée pour justifier cette «  suppression »  n’a jamais mis en cause ces organes qui sont des organes de contrôle interne de la mutuelle. Cet article dispose que «  Les Unions d’Institutions Financières Décentralisées (IFD) ainsi que les Institutions Financières Décentralisées (IFD) doivent chacune être administrées par un Conseil d’administration qui peut déléguer une partie de ses pouvoirs à l’organe exécutif ». L’Administration de la mutuelle a toujours été assurée par le Conseil d’ Administration, depuis la création de la mutuelle. La Banque Centrale des Comores et encore moins l’Union des Mecks ne peuvent s’ériger en législateurs pour supprimer des organes de gestion et de contrôle internes des mutuelles prévus par les statuts de la mutuelle et qui sont conformes à la loi bancaire.
 
La gouvernance de la Meck-Moroni va de plus en plus mal. Les élus et la Direction exécutive de la mutuelle n’ont pas prêté une oreille attentive aux doléances des membres sociétaires prononcées lors de l’Assemblée Générale Ordinaire  du 4 octobre 2015. Ils n’ont rien fait pour améliorer leur gouvernance et celle de la mutuelle pour se conformer aux textes en vigueur. Ils sont aujourd’hui malheureusement à la merci des mécontentements des membres de la mutuelle et de la vindicte populaire. Du vrai gâchis !

Comores droit

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