Ahmed Anais Aminata, la (presque) pionnière

Ahmed Anais Aminata est la première psychologue à exercer sur le territoire comorien, après de longues études en France. Enfin presque, car avant elle, a-t-on appris, une certaine Jacqueline Samuel, aujourd’hui décédée, avait bien pratiqué la psychologie.

Encore jeune lycéenne, c’est une rencontre avec un psychologue qui aurait servi de déclic. Après il fallait «juste» convaincre la famille. Depuis, elle «aime ce métier qui lui permet d’aider les gens en difficulté, de les écouter, de vivre dans la réalité et d’avoir les pieds sur terre».

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«Ma tante ne l’admettait pas, elle ne comprenait même pas ce que c’était. Mais j’avais réussi quand même à la convaincre», nous a confié Ahmed Anais Aminata sur les difficultés auxquelles elle s’est heurté au sein de sa famille quand elle a exprimé son envie de devenir psychologue.

Aujourd’hui, le rêve de Mlanao, comme on l’appelle affectueusement, s’est réalisé. Elle devient la première psychologue à exercer sur le territoire comorien, après de longues études en France. Enfin presque, car avant elle, a-t-on appris, une certaine Jacqueline Samuel, aujourd’hui décédée, avait bien pratiqué la psychologie.

Née en 1987 à Mhandaani ya Itsandra, Ahmed Anaïs Aminata est partie très tôt en France pour rejoindre sa tante. C’est dans l’Hexagone qu’elle effectuera le reste de sa scolarité. Son bac en poche, elle s’est inscrite à l’université Paris XIII-Sorbonne.

«J’ai effectué ma première année d’études en psychologie et en médecine car c’était exigé pour faire la psychologie. Et puis en deuxième année, j’ai continué avec la psychologie. J’ai passé une double licence, l’une en psychologie et l’autre en insertion et intervention», nous a-t-elle dit. Mais Mlanao ne s’est arrêtée pas là, loin s’en faut. Elle a ensuite décroché un master I en «Clinique interculturelle» et un master II en clinique enfant-adolescent.

Les pieds sur terre

Pourquoi cette vocation de psychologue? C’est une rencontre avec un psychologue, alors qu’elle était encore jeune lycéenne, qui aurait servi de déclic. «J’aime également ce métier car il me permet d’aider les gens en difficulté, de les écouter, de vivre dans la réalité et d’avoir les pieds sur terre», dit-elle.

Son travail lui permet, en effet, d’accompagner, presque chaque jour, des personnes en souffrance et ayant  besoin d’écoute. C’est en 2008, au cours d’un court séjour dans les îles, que la psychologue avait constaté le manque de prise en charge psychologique aux Comores.

Le retour aux Comores, quoique pas aisé, lui a fait du bien : «Mes parents me manquaient, j’ai voulu revenir pour les voir, étant donné que mon père était vieux. Je tenais à tout prix le voir avant qu’il parte pour toujours». Ce retour aux sources, c’est aussi «pour mon fils. Il a trois ans et je voulais qu’il bénéficie de l’amour de toute la famille, de son éducation, de la culture de son pays. Bref c’est un retour aux racines.

Nassila Ben Ali/ Alwatwan

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