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Ahmed Sambi, un casse-tête pour Azali Assoumani

[Tribune] Il y a des traditions qui sont profondément ancrées dans les sociétés. Certaines habitudes ont la peau dure. L’hypocrisie humaine est un dangereux virus. Elle est un mutant qui fait des ravages dans la société, surtout chez les bien-pensants et chez les adeptes de l’immobilisme. C’est une race d’hommes installés dans la suffisance et dans le confort sordide des grandes certitudes. La suffisance est un mal profond, extrêmement contagieux, qui se transmet de génération en génération. Elle puise sa source dans une culture de mimétisme, un héritage lourd à porter, un fardeau qui mine la vie politique comorienne. La politique a ses codes. Elle se conjugue à certains temps et évolue à son rythme. Mais, certains voudraient qu’elle reste la propriété exclusive d’une catégorie qui se croit élitiste sans appartenir à la vraie élite, malgré quelques titres universitaires, dont certains sont sujets à caution. Du coup, on assiste à une classe politique labélisée, sponsorisée et formatée pour conduire les Comores au pied du mur. De fait, aujourd’hui, ceux qui tournent autour du dictateur sont de dociles et serviles exécutants, des êtres obéissants, malléables et serviles. Ils ont juré loyauté et fidélité au dictateur Azali Assoumani, à qui ils croient donner des gages de servitude chaque jour. Voilà comment obtenir son passeport pour aller mendier à Beït-Salam. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, qui n’est pas un produit du sérail, a une autre conception du pouvoir, loin de la transformation de la politique en champ de mendicité. Anticonformiste par excellence, il a travaillé pour le bien commun. Il revendique, assume et cultive sa spécificité. Du coup, les mangeurs à tous les râteliers le voient en intrus, en trouble-fête et en trublion. Les plus mendiants des acteurs politiques comoriens ne tolèrent plus sa personne depuis qu’il n’est plus au pouvoir. Ils font tout pour l’envoyer au cimetière. Or, plus ils s’acharnent sur lui, plus sa popularité augmente dans le cœur des Comoriens. Cela fait de lui un véritable casse-tête pour ses adversaires, le premier étant Azali Assoumani, qui a juré sa mort. Malgré les trahisons, la cote d’amour d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a atteint des proportions stratosphériques. Son charisme naturel écrase ses adversaires et ses détracteurs. Ceux-ci le voient comme une menace en cette période particulièrement agitée, où l’Archipel aux Sultans batailleurs est lourdement courtisé, du fait de ses ressources énergétiques, objets de toutes les spéculations et de toutes les convoitises. Les loups affamés sortent les crocs et les griffes prêts à tout dévorer sur leur passage. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi est aux yeux de ses ennemis un rabat-joie, un briseur de rêves insensés, un empêcheur de tourner en rond. Les opportunistes et les mendiants se liguent pour sortir du jeu politique cet homme insolite, ce phénomène transformé en OPNI, un «Objet politique non identifié». En son temps, Ahmed Abdallah Abderemane, lui aussi d’Anjouan, avait ses détracteurs, mais aussi ses partisans, surtout sur son île d’origine. Sa génération s’était alignée derrière lui, à l’époque des grandes figures politiques anjouanaises: Mohamed Ahmed, Saïd Ali Mohamed, Saïd Ali Youssouf, Mikidache Abdourrahim, Abdillah Mohamed (…). À Mohéli, il fallait voir les générations de politiciens se croiser. Aujourd’hui, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi séduit les foules et perturbe les comptes d’apothicaires de la dictature, qui voit d’un mauvais œil l’amour et le respect des Comoriens à son égard. Cette animosité et cette haine viscérale ont été à l’origine de l’ostracisme le frappant. Depuis 2006, il est au centre de l’amour des Comoriens. Il a souvent aidé, il a souvent été mal récompensé. Les fils indignes qui veulent tuer le père pour exister ne manquent pas dans son entourage. La vie d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi est en péril. Nous devons multiplier nos prières pour ce patriote hors du commun reste en vie. Par Kamal Abdallah Salim

2 commentaires sur Ahmed Sambi, un casse-tête pour Azali Assoumani

  1. Tout ce que nous espérons, c’est que Sambi ne finit pas comme le colonel C. Ayouba,le Dr Assad ou l’ ancien financier Farouk Mohamed.
    Que le tribunal qui a jugé A. Oubeid, A souefou, H. Msaidié,I. Hamadi et les autre fait son boulot

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