Algérie : 25 corps découverts, cinq assaillants arrêtés

21 janvier 2013

Algérie : 25 corps découverts, cinq assaillants arrêtés

Un panneau indiquant la ville de Teguentourine, près d’In Aménas, dans le désert algérien, le 19 janvier 2013 ©AFP

ALGER (AFP) – (AFP)

Vingt-cinq
corps d’otages ont été retrouvés
et cinq assaillants arrêtés dimanche, au lendemain
de la conclusion sanglante d’une prise d’otages de quatre
jours sur un site gazier algérien qualifiée
d’ »acte de guerre » par Paris et dont le bilan risque
d’être revu à la hausse.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, devait annoncer
lundi à 13H30 GMT lors d’une conférence de presse
un bilan officiel de cette attaque, selon le ministère
de la Communication.

Aucun bilan officiel n’a été communiqué
depuis l’annonce par la télévision privée
algérienne Ennahar de la découverte dimanche par
les forces algériennes de 25 corps d’otages sur le
complexe gazier situé près d’In Amenas, à
1.300 km au sud-est d’Alger.

Le quotidien francophone El Watan, citant dimanche des
sources de sécurité, parle d’une « trentaine de
corps d’otages étrangers, algériens et de soldats
de l’armée algérienne » découverts.

Samedi soir, le ministère de l’Intérieur avait
fait état de 23 morts étrangers et Algériens, ainsi
que de 32 assaillants tués par l’armée.Les forces
algériennes ont pu libérer « 685 employés
algériens et 107 étrangers ».

Le nombre de victimes risque d’être « revu à la
hausse », a affirmé dimanche le ministre de la
Communication, Mohamed Saïd, précisant que
« les forces spéciales continuent de sécuriser
le site gazier de Tiguentourine à la recherche
d’éventuelles autres victimes ».

« Cinq terroristes ont été arrêtés ce
matin » dans l’usine gazière, mais « trois autres
sont en fuite », a déclaré à l’AFP le
patron d’Ennahar, Anis Rahmani, généralement bien
informé des affaires de terrorisme.

L’attaque a été menée par 40 jihadistes de
pays musulmans et « même » européens, a
affirmé Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe
« Signataires par le sang » qui a planifié
l’opération, dans une vidéo mise en ligne dimanche
par le site mauritanien Sahara Media.

« Un acte de guerre »

Le
ministre français de la Défense, Jean-Yves Le
Drian, a parlé dimanche d’ »un acte de guerre »
en raison du nombre de personnes retenues au cours de la
spectaculaire prise d’otages.

« Ce qui me frappe le plus, on dit +prise d’otages+, mais
quand il y a autant de monde concerné, je pense que
c’est un acte de guerre », a déclaré le
ministre sur la chaîne de télévision France 5.

Parmi les étrangers confirmés morts par leurs pays
depuis mercredi figurent un Français, un Américain, deux
Roumains, trois Britanniques et une personne résidant
au Royaume-Uni.

Trois autres ressortissants britanniques sont probablement
morts, a annoncé dimanche matin le Premier ministre
David Cameron.

Un employé colombien de BP pourrait aussi faire partie
des otages tués, a indiqué le président Juan
Manuel Santos.

Le groupe norvégien Statoil, qui gère le site
gazier avec le Britannique BP et l’Algérien Sonatrach,
a fait état pour sa part de recherches intenses pour
retrouver notamment ses cinq employés norvégiens
toujours portés manquants.

La Malaisie était aussi sans nouvelles de deux de ses ressortissants.

Washington a mis en garde ses ressortissants contre les
« fortes menaces de terrorisme et d’enlèvements »
en Algérie, autorisant les familles de ses diplomates
à quitter le pays.

Les assaillants « bien renseignés »

Des rescapés ont témoigné de la violence de
cette prise d’otages.

Dans un
communiqué publié dimanche, le groupe islamiste a
assuré que les assaillants « ont proposé la
négociation tout en demandant à ce que
l’armée s’éloigne du lieu de la prise
d’otages (…), mais les hélicoptères ont
commencé à bombarder la zone ».

« Le deuxième groupe est resté retranché
dans l’usine d’où il a proposé la
négociation contre la suspension immédiate de
l’agression contre les musulmans du Mali et la
libération de nos frères détenus par les
croisés.Mais l’armée algérienne
n’a pas répondu à ces revendications
légitimes, préférant lancer l’assaut,
ce qui a conduit à l’élimination des
otages », a accusé le groupe.

 Pour Riad, un otage
algérien employé par le japonais JGC, pas
de doute : Les assaillants « avaient des complicités
à l’intérieur car ils connaissaient les chambres
des expatriés et tous les détails sur le
fonctionnement de la base ».

« Ils étaient bien renseignés », confirme
Abdelkader, un employé du britannique BP.

 Dans la base-vie « ils se sont dirigés vers les
chambres des Japonais, un terroriste a crié +open the
door+ (ouvrez la porte, ndlr) avec un accent
nord-américain, puis a tiré », a raconté
à l’AFP Riad, selon qui « ils étaient au
courant de toutes nos procédures ».

Des employés ont filmé, pris des photos de
l’attaque.Les images des corps de cinq des Japonais prises
par l’un d’entre eux et visionnées par l’AFP sont
violentes : balles dans la tête, crânes à
moitié défoncés par l’impact.

Après des informations selon lesquelles neuf japonais
auraient été tués par des islamistes lors
d’une prise d’otages en Algérie, le gouvernement
japonais a affirmé être toujours en train de
chercher à confirmer le sort de dix Japonais
manquants.

« Nous sommes au courant de ces informations
diffusées par les médias, mais sommes toujours en
train d’essayer de les confirmer », a déclaré
le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’une
conférence de presse nocturne.

Selon une source hospitalière dimanche à In
Amenas, 12 des cadavres à la morgue sont des Japonais.

 Sur le site —que le chef des
ravisseurs avait menacé de « faire exploser »
jeudi selon un enregistrement diffusé par l’agence de
presse mauritanienne ANI— des opérations de
déminage étaient en cours.

Le redémarrage de l’unité de production pourrait se
faire dans les « deux prochains jours », a
annoncé dimanche le ministre algérien de l’Energie
Youcef Yousfi.Il avait assuré auparavant que la prise
d’otages n’avait pas entraîné de réduction
des exportations de gaz algériennes.



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