Algérie : 25 nouveaux corps découverts sur le site de la prise d’otages

20 janvier 2013

Algérie : 25 nouveaux corps découverts sur le site de la prise d’otages

Un panneau de signalisation sur le site gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas dans le désert algérien, le 19 janvier 2013 ©AFP

ALGER (AFP) – (AFP)

Vingt-cinq
nouveaux corps ont été retrouvés dimanche sur
le site gazier du Sahara algérien où s’est
achevé la veille une prise d’otages menée par un
groupe islamiste qui a fait plusieurs dizaines de victimes.

Le ministre algérien de la Communication Mohamed
Saïd avait déclaré un peu plus tôt que
le nombre de victimes risquait d’être « revu à
la hausse », après un premier bilan provisoire
officiel qui faisait état samedi de 23 étrangers
et Algériens morts, outre les 32 assaillants tués
par l’armée.

Des rescapés ont témoigné de la violence
de cette prise d’otages de quatre jours, menée par le
groupe « Signataires par le sang » de l’Algérien
Moktar Belmokhtar.

Selon deux ex-otages algériens, neuf Japonais ont
été exécutés par les islamistes dès
mercredi : trois qui tentaient de s’échapper d’un bus,
puis six sur les lieux d’habitation des employés.

« Un terroriste a crié +open the door+ (ouvrez la
porte, ndlr) avec un accent nord-américain, puis a
tiré », a raconté à l’AFP un des
témoins, selon qui « ils étaient au courant de
toutes nos procédures ».

La société japonaise JCG avait indiqué que dix
Japonais étaient toujours portés manquants
dimanche matin.Tokyo n’a pas confirmé leur mort.

« Les
forces spéciales continuent de sécuriser le site
gazier de Tiguentourine à la recherche
d’éventuelles autres victimes », selon M. Saïd. »Le bilan définitif sera connu dans les heures qui viennent ».

Les ravisseurs ont affirmé avoir agi notamment en
représailles à l’intervention militaire
française au Mali qui a bénéficié
d’un soutien logistique d’Alger.

Les forces algériennes, qui ont abattu 32 preneurs
d’otages, ont pu libérer « 685 employés
algériens et 107 étrangers », selon un
communiqué du ministère, lu samedi soir à la
télévision d’Etat.

Dimanche, elles ont découvert 25 corps d’otages sur le
complexe gazier situé près d’In Amenas, à
1.300 km au sud-est d’Alger, a indiqué la
télévision privée algérienne Ennahar.

Etrangers manquants

L’Algérie n’a pas donné la nationalité des
victimes mais des Occidentaux et des Asiatiques figurent
parmi elles.

Parmi les étrangers confirmés morts par leurs pays
depuis mercredi figurent un Français, un Américain,
un Roumain, trois Britanniques et une personne résidant
au Royaume-Uni.

Trois autres ressortissants britanniques sont probablement
morts, a annoncé dimanche matin le Premier ministre
David Cameron.

Le groupe
pétrolier norvégien Statoil, qui gère le site
d’In Amenas avec le Britannique BP et l’Algérien
Sonatrach, a fait état pour sa part de cinq
Norvégiens manquants, tandis que la Malaisie était
toujours à la recherche de deux de ses ressortissants.

Un employé colombien de BP pourrait faire partie des
otages tués, a indiqué le président Juan
Manuel Santos.

Alors que des pays occidentaux se sont inquiétés de
l’opération des forces algériennes, le ministre
français des Affaires étrangères Laurent
Fabius a réitéré dimanche son soutien à
Alger, déclarant que « face au terrorisme, il faut
être implacable ».

 Il s’est dit « heurté » « qu’on ait le
sentiment » que « ce sont les Algériens qui sont
mis en cause, alors que ce sont les terroristes » qui
doivent l’être.

Le président américain Barack Obama, s’exprimant
pour la première fois depuis le début de cette
crise, a jugé de son côté samedi soir que les
« terroristes » islamistes étaient les
responsables de la mort des otages.

La presse algérienne a
salué la « fermeté et le courage » des
militaires algériens, soulignant en revanche
« l’échec sécuritaire pour protéger les
sites pétroliers ».

Sur le site —que le chef des ravisseurs avait menacé de
« faire exploser » jeudi selon un enregistrement
diffusé par l’agence de presse malienne— des
opérations de déminage étaient en cours.

Le redémarrage de l’unité de production
« dépendra du temps que prendra l’opération de
déminage du site », a indiqué le ministre de
l’Energie Youcef Yousfi, assurant que la prise d’otages
n’avait pas entraîné de réduction des
exportations de gaz algériennes.



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