Alhadhur, la galère derrière lui

Le défenseur latéral prêté par Caen, Chaker Alhadhur, n’a pas mis longtemps a trouvé ses marques à Châteauroux. Normal, l’international comorien a soif de ballon comme personne.

 J e suis très content d’être ici. Et même si je suis venu sous forme de prêt, je veux rentrer dans le projet et laisser une trace dans ce club. 
Arrivé dans l’Indre le 24 juillet, Chaker Alhadhur n’a pas tardé à se mettre dans le bain. Titulaire dès le premier match à Brest, quatre jours après avoir effectué son premier entraînement avec ses nouveaux coéquipiers, le défenseur latéral a paradoxalement souffert lors de ce match remporté par la Berrichonne (3-2). « Il fallait que je prenne mes repères et ça a logiquement été un peu compliqué pour moi sur ce premier match. Avec le temps, je sais que ça va être gommé, que ça va aller tout seul. Ici, j’ai trouvé de super-coéquipiers, notamment Aldo (Angoula) qui m’aide beaucoup. »

A 25 ans, le joueur formé à Nantes et aujourd’hui prêté par Caen, n’est plus un novice et a déjà croisé la route de certains Castelroussins. « Je connais quelques anciens Caennais comme Cheick Traoré, Alexandre Raineau mais aussi Kevin Das Neves de ma période nantaise », rappelle celui qui éprouve un réel soulagement d’avoir pu rebondir à Châteauroux.
Car l’international comorien qui a fait toutes ses classes au FC Nantes – « J’y ai débuté à l’âge de 5 ans et je suis passé pro à 18-19 ans » – a eu moins de réussite lorsqu’il a choisi de rejoindre la Basse-Normandie. « Après quatre ou cinq saisons avec les pros à Nantes où j’effectuais quinze à vingt matchs par saison, j’ai voulu changer d’air et je me suis retrouvé à Caen (2015-2016). La première partie de saison s’est bien passée mais au cours de l’hiver je n’ai plus du tout joué. » 
Patrice Garande, l’entraîneur normand, écarte son défenseur définitivement à tel point qu’il a joué toute la saison dernière avec la réserve, en CFA. « Je suis quelqu’un qui se remet en question et ce qui me gêne, c’est que je n’ai jamais eu d’explications, regrette Alhadhur. Mon dernier match officiel avec Caen, c’était une défaite à Angers (2-0, 8 janvier 2016). Mais ce jour-là, j’estime ne pas avoir été plus nul qu’un autre… »

«  Nous pouvons vivre de bons moments cette saison  »

Chaker Alhadhur commence alors sa traversée du désert. « Moralement et humainement, ça a été compliqué. Mais je n’ai rien lâché. Heureusement, il y avait les matchs avec la sélection des Comores (1), ça m’a permis de m’évader de mon quotidien et de jouer à un certain niveau. » 
Si bien que lorsque Jérôme Leroy a fait appel à lui pour rejoindre la Berrichonne, Alhadhur n’a pas hésité. « J’ai attendu que Caen recrute un latéral droit et puis je ne me suis pas posé de questions. Châteauroux ? Bien sûr que je connaissais. Déjà parce que j’ai déjà joué ici avec Nantes, l’année où on est remonté en Ligue 1 (victoire nantaise 4-0, le 15 avril 2013). Et puis c’est un club qui sort de bons joueurs… » 
Dans l’Indre, Cheick Alhadhur compte revivre des sensations fortes que le football lui procure. Vendredi dernier, malgré la défaite face à Valenciennes (0-1), le latéral droit a effectué un match plein, défendant proprement et proposant des solutions offensives à bon escient.
Mais le néo-castelroussin éprouvait lui aussi des regrets après ce premier revers de la saison. « On n’a joué qu’une mi-temps et nous avons été dans la réaction. Si nous avions joué dès le début comme à la fin du match, on les aurait davantage mis en difficulté. En face, c’était compact mais trop agressif, juge Alhadhur. C’était notre premier match à domicile, il y a peut-être eu un peu de crispation et ça s’est ressenti sur de petits détails. Mais il faut retenir quand même les choses positives. Je n’ai pas d’inquiétude pour la suite, nous pouvons vivre de bons moments cette saison. » Chaker Alhadhur, c’est sûr, ne gaspillera pas une miette du temps de jeu que lui offrira Jean-Luc Vasseur. Il a attendu ce moment depuis trop longtemps.

 (1) La sélection des Comores est actuellement engagée dans la phase éliminatoire de la CAN 2019 au sein d’un groupe relevé où l’on retrouve le Cameroun, le Maroc et le Malawi, équipe face à laquelle les Comores ont perdu leur premier match (1-0, 10 juin 2017).

repères

> Né le 4 décembre 1991, à Nantes (Loire-Atlantique).
> Arrière latéral.
> 1,72 m, 65 kg.
> N° 2.
Parcours. Formé au FC Nantes, il signe son premier contrat professionnel chez les Canaris, alors en Ligue 2, en 2011. Il évolue au sein du club de Loire-Atlantique jusqu’en 2014-2015 mais ne joue que trente matchs en Ligue 1 au cours de ses deux dernières saisons au FC Nantes. Il est alors transféré Caen (L1), à l’été 2015, mais il est écarté par Patrice Garande, l’entraîneur normand, après avoir joué dix matchs. La saison dernière, il joue avec la réserve caennaise en CFA. Juillet 2017, il arrive à la Berrichonne sous forme de prêt.

coupe de la ligue (1er tour)

Clermont, c’est déjà demain

Les formations de Ligue 2 enchaînent les matchs en ce début de mois d’août. Après les deux premières journées de championnat, c’est avec le premier tour de la Coupe de la Ligue qu’elles ont rendez-vous demain soir. Pour la Berrichonne, le tirage au sort lui a mis Clermont sur sa route.
L’équipe dirigée par Corinne Diacre vient de gagner son premier match en championnat, vendredi, sur sa pelouse face au Tours FC (2-0) alors qu’elle avait obtenu le nul au Paris FC (0-0), lors de la première journée. On ne sait pas quelles ambitions les Auvergnats ont dans cette compétition mais ils ne devraient pas faire le déplacement dans l’Indre sans la volonté de se qualifier pour le deuxième tour. Une chose est sûre c’est que Thomas Fontaine et ses coéquipiers sont déjà au point défensivement puisqu’ils n’ont, jusqu’ici, encaissé aucun but en compétition officielle.
Pour la Berri, ces retrouvailles avec la Coupe de la Ligue seront-elles aussi fructueuses que la saison dernière ? En 2016-2017, la Berrichonne avait en effet atteint les seizièmes de finale où elle s’était fait éliminer par les Girondins de Bordeaux (2-0, 26 octobre 2016). Avant cela, elle avait brillamment passé deux tours en s’imposant à Nîmes (aux tirs au but, le 9 août 2016) et au Havre (5-2, 23 août 2016) au terme d’un match resté célèbre. Alors, bis repetita ?

 Berrichonne – Clermont ce mardi 8 août, 20 h, stade Gaston-Petit.

Pierre-Yves Rochcongar/lanouvellerepublique.fr

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*