Après la fin de l’opération «Ile morte» : Moroni a repris ses vieilles habitudes

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Reportage. Hier, à Moroni, la circulation automobile était plus intense que d’habitude au point que certains préféraient marcher pour éviter d’être coincés dans ces embouteillages monstres dont la capitale est devenue coutumière. Notre reporter vous fait vivre l’ambiance du jour d’après.

Moroni a repris, depuis hier, ses couleurs habituelles, après la fin de l’opération «Île morte» lancée par le Mouvement madji na mwendjé, du 9 au 11 février. S’il est vrai que des stigmates de cette contestation citoyenne restent visibles ici et là, comme ces carcasses de véhicules au bord de la chaussée ou ces pneus calcinés que l’on peut retrouver notamment à Mbuweni, la capitale était très animée. Les principales gares routières regorgeaient du monde comme à l’accoutumée et les clients se bousculaient dans les couloirs étroits de Volo-volo.

«Aujourd’hui (jeudi, Ndlr), nous avons repris normalement nos activités. Il n’y a pas de panique comme on a pu le voir ces derniers jours. Chacun vaque à ses occupations», a déclaré à Al-watwan fundi Ali, responsable du magasin Fatima, situé à quelques mètres de la Gare du Nord.

La circulation automobile était plus intense que d’habitude au point que certains préféraient marcher pour éviter d’être coincés dans ces embouteillages monstres dont Moroni est devenu aujourd’hui coutumier. Des véhicules du corps diplomatique, qui avaient disparu de la circulation ces quatre derniers jours, sont réapparus depuis hier. «Avec le climat qui prévaut aujourd’hui, je n’ai pas peur de conduire ma voiture à Moroni», nous a affirmé Ahmed Farahane, taximan. Les attroupements des jeunes autour des marchands de Cd-Rom, histoire de passer du bon temps et d’évacuer les soucis du quotidien, étaient également visibles jeudi à Moroni. «Cela fait déjà trois jours, je n’ai pas osé apporter ici mon ordinateur et mes Cd à cause de la grève. Mais, aujourd’hui, je sens que tout est redevenu normal. On dirait même que rien ne s’était passé à Moroni», témoigne un vendeur de Cd, rencontré à Traleni.

Les différents services administratifs, dont la plupart n’avait pas chômé, même au plus fort de l’opération «Ile morte», fonctionnent normalement, à cette différence près que les militaires, jusque-là postés à l’entrée de chaque bâtiment, ont subitement disparu. On a aussi assisté à un mouvement de foule au commissariat à l’Education. Il s’agirait, nous a-t-on dit, d’étudiants en quête de documents administratifs. «Je suis à Moroni pour certifier des dossiers. Je devais venir depuis mardi. On m’a dit que les bureaux étaient ouverts, mais j’avais préféré rester chez moi en attendant la fin des troubles», relate un étudiant, qui a préféré garder l’anonymat.

Du Fastfood Nassib, au nord de la capitale, au Café du port, au sud, en passant par la place Ajao, où se retrouvent souvent les cadres nationaux pour refaire le monde, les débats politiques sont de retour. Et c’est la campagne du deuxième tour des élections législatives et du tour unique des communales qui nourrit les discussions, notamment ces alliances contre-nature entre partis politiques. On parle aussi du bilan de l’opération «Ile morte», non sans une certaine passion.
Nazir Nazi

Source:Alwatwan

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