Arche de Zoé : l’absence des principaux prévenus fait grincer des dents

3 décembre 2012

Arche de Zoé : l’absence des principaux prévenus fait grincer des dents

Eric Breteau, président de l’association l’Arche de Zoé (D) et Emilie Lelouch (2ed), le 24 décembre 2007 à N’Djamena ©AFP

PARIS (AFP) – (AFP)

L’absence
du fondateur de l’Arche de Zoé et de sa compagne a
provoqué lundi une certaine frustration à
l’ouverture du procès de l’association à Paris,
cinq ans après la rocambolesque tentative
d’exfiltration de 103 enfants présentés comme des
orphelins du Darfour.

Eric Breteau, fondateur de l’Arche de
Zoé et sa compagne Emilie Lelouch,
actuellement installés en Afrique du Sud
où ils tiennent des chambres d’hôtes, avaient
fait savoir qu’il ne se présenteraient pas devant le
tribunal correctionnel de Paris.

Ils sont poursuivis pour « exercice illicite de
l’activité d’intermédiaire pour l’adoption »,
« aide au séjour irrégulier » et
« escroquerie » au préjudice des 358 familles
accueillantes.Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison.

Une absence déplorée par la présidente
Marie-Françoise Guidolin, soulignant que les quatre
autres membres poursuivis de cette « Arche qui s’est
transformée en galère » – le médecin
Philippe van Winkelberg, le logisticien Alain Péligat,
la journaliste Agnès Pelleran et Christophe Letien, un
membre de l’association resté en France –
s’étaient eux déplacés.

L’un des avocat des parties civiles, qui ne voyait pas
« comment le procès peut se tenir sans eux », a
jugé « indispensable » d’utiliser « tous les
moyens » pour qu’Eric Breteau et Emilie Lelouch soient là.

Un autre a expliqué que ses clients sont
« choqués » que les deux personnages centraux de
cette affaire se croient « au-dessus des lois ».

Après une brève suspension, le tribunal a jugé
qu’il n’y avait pas lieu de prendre des mesures coercitives
pour les faire venir.

Incompétence ou inconséquence

Venue de Nantes, Cécile Herdy, partie civile qui
espérait adopter un enfant, attendait ce procès
depuis cinq ans. »Mais il va sans doute être dur
d’obtenir des explications », a-t-elle déploré.

Me Eric Dupond-Moretti, avocat de parties civiles, a
souligné la « souffrance » de ces familles
adoptantes qui avaient déjà préparé la
« chambre » ou la « layette ».Il a
dénoncé un « fond d’escroquerie et de
manoeuvres », d »incompétence au mieux,
d’inconséquence au pire » et une « exploitation
scandaleuse de l’humanitaire ».

Une psychologue en soutien aux équipes médicales,
prénommée Nathalie, a tenu à souligner que
ces bénévoles « se sont fait manipuler »
dans un « montage très intelligent »,
« astucieux », « basé sur l’urgence de la
mission » et le « péril imminent » qu’auraient
couru les enfants.

Eric Breteau avait « toujours dit » que
l’opération était « légale » et
« soutenue par le gouvernement français »,
a-t-elle ajouté.

Lors de l’exposé des faits, la présidente a
souligné le « double discours » d’Eric Breteau,
qui avait caché aux autorités locales que le but
de l’opération était de ramener les enfants en France.

Le 25 octobre 2007,
dix-sept Européens, dont neuf
Français, étaient arrêtés à
Abéché (est du Tchad), alors qu’ils
s’apprêtaient à faire embarquer illégalement
vers la France 103 enfants, affublés de pansements,
présentés comme orphelins du Darfour.En
réalité, ils étaient tchadiens pour la
plupart et très peu d’orphelins parmi eux.

Assaillis par les journalistes à leur arrivée au
Palais de justice de Paris, le logisticien Alain
Péligat a seulement déclaré avoir
« hâte d’en finir ». »Ce que je veux, c’est
prouver ma bonne foi », a dit Philippe Van Winkelberg.

Le procès doit durer jusqu’au 12 décembre.



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