Arrêt de travail au tribunal de Moroni : Le ras-le-bol des jeunes magistrats

justice comoresLa suspension du substitut du procureur par le procureur général a provoqué la colère des magistrats. Neuf des 16 juges de première instance ont observé un arrêt de travail illimité. Ils dénoncent les conditions de travail mais aussi ils estiment que « l’image de la justice est ternie».

La situation est tendue au tribunal de Moroni. Après la grève des avocats le mois dernier, aujourd’hui ce fut le tour des magistrats d’observer un arrêt de travail. « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas mais c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles », peut-on lire sur une banderole brandie par les juges ce mercredi matin au palais de justice de Moroni.

Cette situation intervient suite à une mésentente survenue entre le premier substitut du procureur et le greffier en chef. Une altercation qui a provoqué la suspension de l’intérim de Mahamoud Soilih Djae. D’un commun accord, ces magistrats ont décidé d’observer un arrêt de travail illimité. « Nous avons décidé en commun accord d’observer un arrêt de travail illimité jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites, et qu’une solution soit trouvée », déclare le juge Faissoil Mohamed.

Le corps magistral a décidé aussi d’établir un mémorandum pour le soumettre au gouvernement. « Nous sommes prêts à toutes mesures disciplinaires qui seront prises à notre encontre mais nous irons jusqu’au bout pour que notre pays ait une justice digne de ce nom, équitable et égale pour tous », poursuit-il.

L’échange verbal sévère entre le substitut du procureur et l’un des greffiers était la goutte qui est venue déborder le vase. Les magistrats ont profité de cette occasion pour dénoncer les mauvaises pratiques de la justice et sa marche à double vitesse. « Notre justice n’est plus crédible et son image a été ternie. En plus de ça, les décisions rendues ne sont pas respectées », avance le juge Faissoil Mohamed.

Les magistrats ont cité le cas du prisonnier condamné à la prison à la perpétuité et qui travaille au tribunal. Ils ont évoqué aussi le non-respect des magistrats et des greffiers dans leur travail.
« On ne peut accepter que les choses se déroulent ainsi. Le changement c’est aujourd’hui ou jamais », ajoute-t-il. Pour montrer leur force de conviction, les jeunes magistrats vont organiser une conférence de presse pour divulguer les actes qu’ils jugent illégaux et qui ternissent à leurs yeux l’image de l’appareil judiciaire. « Ce jour-là, nous allons prononcer nommément les responsables avec des preuves à l’appui », assure-t-il.

Mohamed Youssouf  HZK-presse

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