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Arrêtés, des cyberharceleurs s’en tirent à si bon compte faute de loi…

Cinq hommes dont un spécialiste du Web piratent les comptes des femmes, fouillent dans leurs messageries et récupèrent des photos et vidéos compromettantes au moyen desquelles ils exigent des faveurs sexuelles. Démantelé par la gendarmerie, ils étaient déférés au parquet hier mardi. Mais, ils sont relâchés et leur dossier classé sans suite.

Une bande de cyberharceleurs, maitres en piratage de comptes Facebook était aux mains de la gendarmerie. Composée de cinq hommes dont un spécialiste du Web, le groupe cible des femmes, pirate leurs comptes, s’incruste dans leurs messageries pour dénicher la moindre image compromettante, l’arme au moyen de laquelle ils exigent des rapports sexuels.

Dans une courte vidéo publiée lundi sur Facebook, Me Idrisse Saadi qui assure la défense d’une des victimes de ces chantages, la dernière à manager son pain noir, explique que dans ce dossier, il est question d’une personne qui a « quatre, voire cinq comptes Facebook » différents, et qui s’en sert pour pirater ceux de ses cibles et ainsi mettre la main sur toute une vie privée.

Toujours selon l’avocat, le groupe de hackers n’est pas à son premier fait de piratage. Me Idrisse Saadi montre que le premier cas remonte à l’année dernière et que c’était une expatriée qui en avait fait les frais. Prise entre le marteau et l’enclume, elle a cédé aux chantages des malfaiteurs. Mais une autre victime, celle qui prendra le soin de contacter Me Idrisse et les forces de l’ordre, ne s’est pas montrée aussi faible.

« Ma cliente est venue me raconter les faits et le chantage que lui aurait fait la bande des cyber harceleurs. Elle était intimidée et je lui ai conseillé de ne pas céder. J’ai contacté la gendarmerie qui, le jour où la victime devait se rendre sur les lieux du rendez-vous avec les cyber-harceleurs, l’a suivie pour les arrêter ».

Le réseau est donc démantelé. Mais pas mis pour autant hors d’état de nuire. En effet, déférés hier mardi au parquet pour une audition, ces cyberharceleurs ont été tous relâchés et leur dossier classé sans suite selon un collaborateur du procureur de la République. Dans sa vidéo de la veille, Me Idrisse déplorait le fait que le pays ne disposait toujours pas d’une loi sur la cyberattaque. Un vide qui offre un grand boulevard aux malfaiteurs du web qui peuvent continuer à brises des vies en toute impunité. Gageons que la nouvelle législative comblera enfin ce vide juridique en adoptant une loi.

A.O Yazid / LGDC

La Rédaction

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