Assemblée nationale : Le député Ali Mhadji isolé par les siens

L’entêtement et le caractère rebelle du député Ali Mhadji, président de la commission des affaires étrangères de l’assemblée lui vaut un isolement total. La stratégie lancée pour le mettre hors d’état de nuire fonctionne à merveille avec la nomination d’une commission spéciale en lieu et à la place de celle des affaires étrangères.

Comment se débarrasser d’un ami encombrant ? C’est la stratégie pensée et mise en exécution par le bureau de l’assemblée pour se débarrasser d’un élu dont les positions tranchées commencent à agacer y compris dans son propre camp. Lancé comme une fusée à trois étages,le processus d’isolation du député Ali Mhadji hors touche à sa fin avec la création d’une commission spéciale s’appropriant les travaux des affaires étrangères.

L’adoption de loi portant accord cadre de coopération entre le gouvernement de l’Union des Comores et le gouvernement de la République de l’île Maurice serait la goute d’eau qui a fait déborder le vase. Son examen en commission spéciale présidée par le député Abou Achrafi pourtant questeur de l’assemblée nationale et qui assurera le plaidoyer devant ses pairs et les membres du gouvernement, provoquera une tempête de réactions comme celle du député Mohamed Msaidié dénonçant l’affectation du dossier à une commission spéciale en lieu et place de la commission des affaires étrangères.

« Ce n’est pas normal que l’accord ne soit pas examiné par la commission légitime à un moment où aucun membre de ladite commission n’a manifesté son indisponibilité pour les travaux en commission », a-t-il déploré, appelant les élus au respect mutuel. Et le vice-président Dhoihir Dhilkamal de rétorquer : « si le projet de loi n’a pas été affecté à la commission des affaires étrangères, c’est parce que la commission en question n’a pas pris part à la conférence des présidents, alors que le gouvernement avait exprimé l’urgence de l’examen de ce projet de loi ».

Et lui d’ajouter qu’il n’y avait aucune volonté de mépris envers quiconque comme l’a souligné le député de Moroni sud.  C’est aussi au nom de cette urgence que la même commission se voit affecter un autre projet de loi qui est celui du transfert des actifs de la Camuc vers une autre structure. « Ce que le règlement intérieur permet », a renchéri Abdou Ouseine, président de l’assemblée nationale.

L’élu de la région de Hambou est-il entrain de payer son bras de fer avec le puissant vice-président de l’assemblée Maoulana Charif, pourtant député issu de la même famille politique que lui ? Tout laisse croire que l’affrontement entre ces deux uniques élus que compte la RCR (principal parti au pouvoir) tourne à l’avantage de l’élu de la région de Washili-Dimani. L’ancien ministre des finances du régime Azali I, en bon joueur d’échec a su intelligemment avancer un à un ses pions avant de pousser son adversaire à multiplier les erreurs. Echec et mat.

Maoulida Mbaé/LGDC

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