Assemblée nationale : Le personnel contractuel accuse trois mois d’arriérés de salaires

Après la guerre de clans, place à la mauvaise gestion au sein de la représentation nationale. Trois mois que le personnel contractuel du parlement de l’Union n’a pas senti l’odeur de son salaire mensuel. Les élus, quant à eux, enregistrent trois mois sans leur frais de logement ni de carburant.

 

Depuis le mois de mars 2018, le personnel contractuel de l’Assemblée nationale n’a perçu aucun rond de son salaire mensuel. Aujourd’hui, il comptabilise trois mois d’impayés. Dans l’enceinte du palais du peuple, certains députés et agents avancent que cette situation est liée au remboursement de l’argent du Parlement arabe, destiné au hedj des parlementaires ; lequel remboursement est ponctué mensuellement sur le budget de fonctionnement de l’Assemblée nationale. Selon le député Ibrahim Mohamed Soulé, le Parlement arabe versait le montant de 36 millions de francs comoriens par an, au titre du voyage vers les terres saintes des députés pour accomplir le hedj.

Le versement a été effectué deux fois successif. Malgré cette volonté de l’institution panarabe d’aider leurs collègues à accomplir le cinquième pilier de l’islam, ces voyages n’ont jamais eu lieu, pendant que les virements ont été effectués en deux tranches. Au total, 72 millions de francs ont été transférés dans le compte de l’Assemblée nationale, domicilié à la Banque centrale des Comores (Bcc).

Un budget annuel de 1,2 milliards

Mais après avoir constaté que les députés n’ont pas effectué le pèlerinage deux années successives, le Parlement arabe a demandé la restitution de l’argent. Mais cet argent ne se trouvait pas dans le compte de l’Assemblée. «En ce moment-là, le président de la République en personne, pour vouloir éviter un scandale et épargner l’Assemblée de l’Union des Comores d’une image puante, a ordonné le ministre des Finances de restituer cet argent au parlement arabe. Chose faite, l’argent est transféré. Mais c’est aux parlementaires de restituer cet argent dont l’utilisation reste floue», explique le vice-président de la commission des finances de l’Assemblée.

Le député de Moroni-nord a avancé que lors de la restitution de cet argent le ministre des Finances avait prévu de ponctuer cet argent sur le budget de fonctionnement de l’institution. Et depuis cette date, Saïd Ali Chayhane a mis en exécution cette mesure. «Ce qui fait que depuis trois mois aucun contractuel n’a perçu son salaire. Les parlementaires n’ont pas touché leurs frais de logement, ni de carburant, n’en parlons plus de la Rau», dira-t-il.

Selon le député Oumouri Mmadi Hassani, le budget annuel de l’Assemblée nationale se chiffre à 1,2 milliards de francs comoriens. 635 millions destinés aux salaires consolidés des députés, personnel, et cabinet du président de l’assemblée. 600 millions sont destinés au fonctionnement de l’Assemblée nationale, à raison de 50 millions de francs par mois. L’élu d’Itsandra-nord a précisé que le budget avait prévu 47 millions par mois, mais par décision du président de la République, il l’a arrondi à 50 millions.

Et l’ensemble de cet argent est versé au compte de l’Assemblée nationale, dont seuls, le président de l’institution et le questeur chargé des finances sont les signataires.
Depuis le 6 avril dernier, comme le stipule le règlement intérieur du parlement, le président de l’Assemblée a ouvert la session ordinaire d’avril 2018, dans une contestation des députés de l’opposition qui sont majoritaires à l’hémicycle. Depuis cette date, aucun travail parlementaire n’a eu lieu, pendant que les subventions (salaire consolidées et fonctionnement) sont versées mensuellement au compte de l’assemblée. La question que chacun d’entre nous se pose où sont passés alors les 72 millions de francs du parlement arabe?

Ali Abdou / Alwatwan

2 commentaires sur Assemblée nationale : Le personnel contractuel accuse trois mois d’arriérés de salaires

  1. Et dire que c’est cette assemblée de fraudeurs qui a rédigé le rapport sur la citoyenneté économique pour le communiquer à l’éxécutif et à la justice .Ces bandits devraient commencer par balayer à leur propre porte .

  2. Je vous dit les Comores sont un pays de pauvres paumés de vrai mafia. On magouille même au sein de l’assemblée nationale, celle où on fait les lois. Quelle dérision ! Un pays gangréné par la corruption. Dans un pays où le smic mensuel a du mal à atteindre les 100 euros, les députés qui touche plus de 2000€ ne sont pas ceux à plaindre. Pourtant, dès qu’une occasion se présente, voilà qu’ils cherchent à marchander, à magouiller, voire à détourner frauduleusement de l’argent qui ne leur ait pas dû. Pauvres pays !

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