Assiati Baumer, pour des laboratoires dignes de ce nom

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Laborantine de formation, Assiati Baumer était l’une des fers de lance de la lutte contre le Sida aux Comores. Cette mutsamudienne a aussi exercé en France avant de mettre ses compétences au service du collège de Kaweni à Mayotte. Depuis cette île comorienne, elle ne manque pas de projet pour les 3 autres îles de l’archipel.

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Les lunettes correctrices clouées sur son visage souriant témoignent de ces années passées à regarder dans les microscopes. La cinquantaine, Assiati Baumer comptabilise une trentaine d’années dans la recherche et dans la sensibilisation, plus précisément dans le domaine médical. C’est justement cette expérience accumulée aux Comores mais aussi en France, qu’elle veut mettre au profit des plus démunis. « J’ai toujours voulu ouvrir un laboratoire d’analyses médicales digne de son nom ou bien m’associer avec quelqu’un pour le faire à Anjouan. Un laboratoire où les résultats des analyses seront fiables pour que les gens n’aient pas à voyager pour des examens de routine comme le cholestérol, une hémoglobine glyquée (suivi de diabète),… pour ne citer que ceux là », martèle cette femme native de la capitale anjouanaise. Assiati Baumer vise plus Anjouan parque  » cette île  surpeuplée est un peu livrée à elle-même  quelque soient ceux qui dirigent le pays et peu importe leur origine. C’est ce qui peut expliquer les nombreux morts dans la mer entre Anjouan et Mayotte », martèle cette femme divorcée qui vit actuellement à Mayotte.

Aujourd’hui, Madame Baumer a quitté Moroni mais elle a marqué d’une ancre indélébile ses 11 années au service de son pays. Formée à l’institut Pasteur en France, elle a donné toute son énergie pendant 6 ans au laboratoire de l’hôpital El Maanrouf , puis 5 années en tant que  responsable du laboratoire du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) à Moroni. « Au PNLS, en plus des analyses de dépistage des MST/SIDA, que nous réalisions au laboratoire, nous avions sillonné les villages de l’archipel pour des campagnes de sensibilisation de la population sur le port du préservatif afin d’éviter  la propagation du VIH et les autres MST », se souvient Assiati Baumer. Et elle de reconnaître que « ce fut une belle expérience », avant de renchérir que « aujourd’hui lorsque je pense à ces 11 années pendant lesquelles j’ai servi mon pays, mon cœur est comblé de joie ».

Justement, Assiati Baumer a choisi de s’installer à Mayotte pour rapprocher des autres îles de l’archipel après 10 ans passés à travailler dans des laboratoires en France. Dans cette île, elle exerce comme conseillère principale à l’éducation. Un poste qui lui rappelle ces années passées à Moroni où elle a aussi enseigné les Sciences naturelles dans des écoles privées pour, dit-elle, « arrondir les fins des mois ». D’ailleurs, un des enseignants du collège de Kaweni fut un des ses élèves. Une fierté pour elle.  » Il le crie partout que j’ai été son professeur. Tout ceci me réjoui », se gratifie celle qui a profité de son séjour France pour apprendre la langue Swahili.

Salwa Mag

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