Assises nationales / Said Mohamed Fazul : « Nous ne ferons pas la politique de la chaise vide »

Le communiqué commun de l’Exécutif et des élus de Mohéli avait jusqu’ici tenu tout le monde en haleine sur la participation ou pas de Mohéli dans les assises. Désormais, les doutes sont dissipés. Dans un entretien exclusif accordé à La Gazette des Comores / HZK-Presse par téléphone ce mercredi, le chef de l’Exécutif de l’île, de surcroit un des signataires du communiqué qui épingle la crédibilité des travaux thématiques des assises nationales, Said Mohamed Fazul balaie d’un revers de main toute velléité de boycott.

La Gazette des Comores : L’Exécutif et les élus de Mohéli ont remis en cause les travaux des ateliers thématiques des assises nationales. Nous aimerions savoir si vous, gouverneur de Mohéli, comptiez prendre part aux assises qui démarrent le 5 février ou si, tout comme votre homologue d’Anjouan qui a presque les mêmes inquiétudes que vous, vous n’allez pas y participer.

Said Mohamed Fazul : Permettez-moi d’abord de remercier La Gazette des Comores pour cet entretien. Pour répondre, je commencerai par dire que ces assises sont les nôtres. Dès le début, nous les avons soutenues. Je ne suis pas un traitre. Personnellement, j’ai sillonné les îles pour une campagne de sensibilisation. J’ai compris que moi, en tant qu’homme politique, je devais être présent dans les débats. Croyez-vous qu’un homme politique de ma carrure, boycotterait les assises nationales à cause de problèmes politiques ? Il faut que je sois dans les débats et ce, quel que soit le prix à payer. Donc je crois qu’on veut semer des confusions mais c’est bien clair : nous ne ferons pas la politique de la chaise vide.

LGDC/HZK : Il y a quand-même un petit décalage entre le communiqué et ce que vous avancez…

SMF : Oui sur l’axe 1 (les institutions politiques et leurs fonctionnements, Ndlr), on a fait des critiques. Ce qui est tout à fait normal. Toutefois, cela ne veut aucunement dire que nous n’allons pas prendre part aux assises. Nous allons nous battre et nous défendre bec et ongles. A travers le communiqué, nous avons voulu clarifier notre position en rappelant ce qu’a stipulé l’article 42 de la Constitution que « Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’elle porte atteinte à l’unité nationale… ». Qu’on fasse attention. Toute velléité de nature à compromettre l’ordre public, nous, nous n’allons pas tolérer.

LGDC/HZK : Quelle garantie avez-vous que vos inquiétudes, notamment sur ce qui est de la présidence tournante, vont être prises en compte par le gouvernement central que, à juste titre, vous accusez de subjectivité par rapport aux idées initiales du Mouvement du 11 août? Croyez-vous qu’en prévenant dans le communiqué que vous-vous désengagez des conséquences qui en découleront, suffira pour convaincre les Mohéliens qui attendent la Tournante, que vous n’y étiez pour rien en cas de non victoire ?

SMF : Mais on aura quand-même combattu! On ne peut pas rester à l’extérieur. Le combat se mène de l’intérieur. Et n’oubliez surtout pas que la finalité de tout ce processus, ça sera dans les urnes, un référendum. Vous me demandez une garantie. Je ne vois pas pourquoi je devrais avoir des garanties. Nous allons dans un débat, chacun s’exprimera. Tout ce que nous aurons retenu pendant les débats finira aux urnes. C’est la finalité, le référendum. Encore une fois, je prendrai part au dialogue.

Propos recueillis par Toufé Maecha/LGDC

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