Assises officielles : un bilan catastrophique malgré l’autosatisfaction affichée !

Durant la phase préparatoire des assises, avant la mise en place du CPAN, le pouvoir focalisa le débat autour de la Tournante, laissant entrevoir une volonté de prolonger son mandat. La brigade de choc du régime se singularisa par ses attaques virulentes contre les « séparatistes » et l’opposition. Le M11 qui croyait encore à des assises nationales et inclusives tenta de s’interposer, voir sa déclaration du 17/10/2018 dont le titre était : « LES ASSISES NATIONALES SERONT INDEPENDANTES, INCLUSIVES DANS UNE ATMOSPHERE DETENDUE OU NE SERONT PAS ». En vain. Le pouvoir était décidé à éliminer l’opposition, en premier lieu JUWA et le gouvernorat de Ndzuani. De leur côté, Sambi, Salami et l’opposition sont tombés dans le panneau. La voie était donc largement ouverte pour des assises du pouvoir sans aucun frein possible. Le M11 devait se retirer ou servir de caution.

On connait la suite. Le président Azali s’est emparée des assises, en a fait sa chose et les a conduites comme bon lui semblait jusqu’au bout. Elles ont servi de cadre à une campagne médiatique à la gloire du président Azali. Les travaux furent menés en un temps record, moyennant finance, par des experts. Les termes de références n’ont pas été rendu publics. Ces travaux ont été uniquement validés par le pouvoir. Trois jours d’ateliers populaires et une semaine de plénière regroupant des centaines de personnes ne permettaient pas d’examiner les centaines de page produites par les experts. Tout au plus quelques personnes ont pu exprimer des positions sur des questions précises. Malgré les mises en scène, le document final des assises remis au président est une production du pouvoir.

Quelle va être la suite. Le président semble avoir repris sa campagne. Il est entouré par sa nouvelle garde rapprochée : le président du CPAN et l’expert en chef. Référendum ou congrès ? Voilà le leitmotiv.

Leitmotiv significatif s’il en fallait ! Il montre bien que le principal des assises ce sont les modifications de la Constitution. C’est cela qui presse ! Les audits des régies et des sociétés d’Etat, remis aux calendes grecques. Le procès contre la France devant la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’Humanité au regard de plus de 1% de la population comorienne morts ou disparus, une histoire à dormir debout pour un pouvoir engagé dans la nouvelle trouvaille française : la communauté des îles de l’Archipel des Comores. Les recommandations innombrables des assises ne sont que du maquillage. L’objectif central des assises ce sont les institutions. En tout cas c’est par là qu’Azali va commencer. C’est le plus urgent !

Mais là aussi, l’échec est cinglant. Car le résultat attendu est loin d’être atteint. Si la première mouture du document final des assises avait avancé deux propositions : suppression de la tournante ou tournante de 7 ans renouvelable, la version finale a maintenu les 5 ans. La résistance a été trop forte. On semble s’être résigné à attendre avant de supprimer la Tournante. D’où cette sorte de proposition bâtarde des 5 ans renouvelables qui semble incohérente, en tout cas difficile à mettre en place. D’autant que la Constitution en cours stipule que le mandat de 5 ans est renouvelable dans le respect de la Tournante. Quoique le rejet de la candidature de Sambi peut servir de jurisprudence. Le renouvelable n’a pas été spécifié. Flou artistique lourd de danger !

Last but not least, la Cour Constitutionnelle a disparu de la scène. Quadrature du cercle ou bien va-t-on enjamber l’obstacle ? Par les temps qui courent, on peut s’attendre au pire.

Reste que l’Histoire n’est jamais finie

Idriss Mohamed

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