Bananeraie : La culture vivrière par excellence aux Comores

La banane, culture vivrière par excellence aux Comores, est le produit de l’agriculture locale le plus consommé. Elle représente, selon des données datant de 2007 de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), 65.000 tonnes par an. Deux cent cinquante grammes seraient consommés par jour par habitant. Quarante-deux variétés locales ont pu être recensées, à en croire le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), en 1997.
 
Aux Comores ces variétés sont classées en deux “genres” dit “masculin” ou Ndume et féminin ou Nche. Ils ont pour nom Kontrike, Ikame, Samba, Mzodjini, Paka, Barabara ou Barabayi, mais également Padji, Irumbe, Dimba, entre autres.
 
Variétés et exclusivités
Une troisième catégorie se distingue. Il s’agit d’un genre spécifique à consommer uniquement une fois mûr.
Toutefois, toutes les espèces de banane se consomment mûrs, même s’il est contestable qu’en la matière le Isukari et le Ntsunuha sont beaucoup plus prisés.
Les appellations des espèces de bananes peuvent varier suivant les régions et les îles. Certaines localités prétendent être le terreau de certaines espèces.
C’est ainsi, par exemple, que le Ikame est revendiqué par Bandamadji la domba, Mitsamihuli et la région de Washili, ou que le Kontrike est réclamé par Tsinimwashongo et Kanzile ya Mbadjini.
Selon des recherches effectuées par Raboin et Coll en 2005, les Comores représentent aussi l’un des rares endroits sur la planète où la diversité génétique des bananiers est forte et unique. Il s’y trouve des variétés inconnues ailleurs et même en Asie et dans les îles voisines de Madagascar et de La Réunion.
En 2007, une autre étude menée par Mzemouigni Saïd Mohamed, alors étudiant en master 2 de biologie intégrative et physiologie à l’Université Pierre et Marie Curie, a mis en évidence la présence aux Comores des variétés communes, présentes dans ces îles et ailleurs et d’autres exclusivement comoriennes notamment le Samba Mwinyi, Ikame, Padji, Irumbe sheu.
Cependant, la production bananière aux Comores connait quelques difficultés du fait que certaines variétés sont vouées à la disparition. Beaucoup d’espèces sont, actuellement, difficiles à trouver pour ne pas dire impossible. On peut citer, par exemple, Mzodjini, Djahavulwa, Isukari.
 
Inquiétudes
Les bananiers sont menacés par deux fléaux majeurs, à savoir, la cercosporiose noire, une maladie foliaire virulente touchant la majorité des variétés cultivées et provoquée par le champignon Mycosphaerella fijiensis et la perte de fertilité engendrée dans la plupart des cas par l’érosion des sols. Pendant ce temps d’autres nouvelles variétés hybrides sont importées.

Pour lutter contre cette disparition, en 2002, un projet de l’Union européenne (Ue) a permis une dissémination, sur l’ensemble du territoire national, de 29.949 rejets de bananiers, 42.724 rejets en pépinières et 1600 vitro-plants (source Inrape, 2007). Quelques nouvelles variétés hybrides importées, entrainent une réduction de la diversité de bananes cultivée dans le pays. Aux Comores, il existe plusieurs manières de préparer la banane verte.
 
Mille variétés
Le manager en communication de la Maison de l’écotourisme de Ngazidja, Azali Saïd Ahmed en a cité quelques unes. Il s’agit de Ndrovi ya nazi (banane au coco), Ndrovi ya mtolole, Ndrovi ya madji, Ndrovi ya pvahwa, ndrovi na ntsuzi (ntsandzi, nkude, tribwa).
La banane peut être grillée et frite. Elle se mange, également, mûre en dessert entièrement ou en tant que composant d’une salade de fruits. Par ailleurs, ces derniers temps le bourgeon mâle ferait l’objet d’une salade spéciale. 

Nassila Ben Ali /Alwatwan 

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