Bavure ou accident de la gendarmerie aux Comores ?

Rashfane Soilihi, 25 ans, arrêté le soir du mardi 17 avril et conduit à la gendarmerie de Mutsamudu, est retrouvé mort dans sa cellule le matin.

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«Retrouvé mort dans sa cellule », c’est la version donnée par le chef de la gendarmerie de l’île d’Anjouan, en Union des Comores, Issoim Dossar. « Quand on a ouvert sa cellule le matin, on l’a trouvé mort », a-t-il confié à un journaliste. Par la suite, le corps a été déposé à l’hôpital de Hombo pour « examen médical civil », afin de « jouer la transparence sur cette affaire », explique-t-il.
La « transparence » n’est pas encore établie, mais les premiers éléments émanant de l’examen médical ne jouent pas en faveur de ceux qui la prônent. Un médecin, qui a requis l’anonymat, se réfère au rapport médical et nous confie : « Cet homme est arrivé mort à l’hôpital, et probablement depuis plusieurs heures. Ses yeux sont très pâles, il y a du sans coagulé dans ses narines et il a les os des mâchoires fracturés ». Tout porte donc à croire que le « petit débrouillard » de Pagé a été lynché.
Les gendarmes qui ont arrêté et embarqué Rashfane ce soir-là, avaient bien des mobiles de le châtier. Le jeune homme, au lieu d’obtempérer, se serait débattu et aurait fini par agresser un des gendarmes, en lui donnant un coup de dents sur le visage. Aussi, mercredi en milieu de journée, lorsque l’hôpital remettait le corps à sa famille, une des personnes venues l’accueillir criait ceci aux gendarmes encore présents sur les lieux :«

L’affaire Rashfane tombe une semaine, jour pour jour, après celle de Dhoumouroiti Saïd Omar alias Ginola, une basketteuse de trente ans. Après un vif échange de propos au port de Mutsamudu avec un gendarme qui voulait l’empêcher de « partir à pieds » (au port de Mutsamudu les passagers accèdent ou sortent du port en voiture, pas à pieds) avec un passager, le gendarme finit par s’en prendre physiquement à la jeune femme.
D’abord lui seul, ce passage à tabac de la jeune athlète se fit par la suite à plusieurs, dans la cour du port puis à la brigade. Hospitalisée le soir même, son rapport médical à elle avait fait état d’une « douleur abdominale diffuse », une « douleur thoracique » ainsi qu’une « impossibilité de soulever les deux membres inférieurs ». Pour cette affaire-là, le commandant de la gendarmerie de l’île avait seulement regretté « le manque de formation » de ses hommes.

Malango

 

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