Bavures des forces de l’ordre, la loi doit s’appliquer !

Des militaires sont aux arrêts disciplinaires. Ces arrestations sont survenues 48 heures après la répression sanglante de la manifestion organisée par les élèves du Lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni, en solidarité avec leur proviseur arrêté le week-end pour fraude à l’électricité et pour le retour de l’électricité au sein de leur établissement. Les images du lynchage d’un lycéen par les gendarmes dans l’enceinte même d’une vice-présidence de la République tournent en boucle dans les réseaux sociaux et soulèvent l’indignation de la population. Ces images ont été vues par plus près de 95 000 personnes en 72 heures. Une mauvaise publicité pour nos forces de l’ordre et surtout pour le pays. Ces images ont beaucoup pesé dans l’arrestation des gendarmes.

 
Le pouvoir a décidé de sevir pour une fois contre ces militaires indisciplinés qui font honte à l’ armée. Pour l’ instant ce sont des sanctions disciplinaires qui ont été prises. On attend les poursuites judiciaires si la plainte déposée par le syndicat des enseignants est prise en compte par la justice. Il y a trois ans, l’ancien Procureur Général de la Cour d’ Appel de Moroni, Soilihi Mahmoud avait conseillé à une victime d’une agression commise par des gendarmes qui faisaient leur footing matinal, en occupant la route au détriment des automobilistes,  de saisir le Commandant de la Gendarmerie pour que des sanctions disciplinaires soient prises, car il ne croyait pas à des «  poursuites judiciaires » contre le gendarme auteur de la bavure. La victime a été étranglée dans sa voiture par un gendarme pour la simple raison qu’il n’avait pas laissé le passage aux gendarmes qui faisaient leur footing. Finalement, ce gendarme agresseur avait écopé d’une sanction disciplinaire. Le successeur de Soilihi Mahmoud, Youssouf Ali Djae, tient lui un autre discours ferme. Il a ordonné au Commandant de la Gendarmerie nationale d’ouvrir une enquête qui pourra aboutir peut être à un procès au pénal.  
Concernant la sanction disciplinaire, selon la loi portant statut des militaires, les fautes professionnelles, les fautes commises par les personnels militaires exposent les militaires à la radiation du tableau, à la rétrogradation au non renouvellement du contrat ou à la radiation des cadres.
 
Ces sanctions peuvent être prononcées pour insuffisance professionnelle, inconduite habituelle, faute grave dans le service ou contre la discipline, faute contre l’honneur, ou pour condamnation à une peine d’emprisonnement n’entraînant pas la perte du grade. Selon toujours cette loi, en cas de faute grave commise par un militaire, le chef d’état-major peut immédiatement le suspendre. 


Ainsi la loi doit être appliquée dans toute sa rigueur pour éviter la répétition de ces bavures.   Le pays dispose d’une législation qui doit être appliquée. Malheureusement, la loi est souvent ignorée par les autorités, contournée, écartée, violée, voire contredite par des normes inferieures. Ceux qui sont censés appliquer et faire respecter la loi, sont les premiers à la piétiner.
Il est temps de faire prévaloir ce principe de la primauté du droit pour renforcer l’Etat de droit dans ce pays.

Comores droit 

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