Bhynty Charif, une comorienne enseignante aux Etats-Unis

Elle s’appelle Bhynty Charif. Enseignante de français dans la ville de Lafayette en Louisiane (Etats Unis). Agée d’une trentaine d’années, elle est installée au pays de l’Oncle Sam depuis plus d’une année. Aînée d’une fratrie de 5 enfants tous grandis dans la ville de Vincennes en France, elle est passée par l’Alliance Française de Moroni en tant que professeur de Français Langue Étrangère en 2005. Ses parents originaires de Mohéli, Grande Comores et Madagascar (sa mère) et installés en France depuis les années 70, Bhynty participe à promotion de la culture comorienne en Amérique, des valeurs inculquées par son père, aujourd’hui facteur à la retraite, et sa mère en participant activement aux associations comoriennes (Association des Mohéliens de France). Persévérante et forte de caractère, Bhynty évoque sa nouvelle vie aux Etats-Unis, son parcours mais aussi son expérience. Interview.salwa mag

Quelle a été votre formation?
Après une formation débutée dans le domaine touristique, ma passion pour la littérature française m’a finalement menée vers une formation littéraire avec une licence de lettres modernes. A travers cette formation, j’ai opté pour le Français Langue Etrangère. Je me suis donc ensuite spécialisée dans l’enseignement du Français Langue Etrangère (FLE). Aujourd’hui, j’ai un Master de didactique du Français Langue Étrangère que j’ai effectué tout en continuant à enseigner et à m’occuper de mon fils.

Il doit être intéressant d’ enseigner le Français aux étrangers ?
Enseigner le FLE me permet non seulement de partager mon héritage linguistique, le français mais aussi mon héritage culturel, la culture comorienne. Etre enseignant de FLE, c’est aussi de pouvoir s’adapter à des contextes socioculturels extrêmement différents et à un public très varié (enfants, adolescents, adultes, migrants), et c’est ce que j’aime beaucoup dans ce métier : le caractère multiculturel de la classe.

Parlez nous de votre parcours professionnel?
Grâce à ma formation universitaire et professionnelle spécialisée dans l’enseignement du FLE, mon parcours professionnel en tant que professeur de FLE m’a conduit depuis près de 10 ans à enseigner tout d’abord aux Comores. De retour en France, j’ai enseigné à l’Alliance Française de Paris, dans des instituts japonais de langue, à l’université Paris-Sorbonne et aussi dans des classes d’accueil en tant que professeur dédié à la scolarisation des Enfants Nouvellement Arrivés en France. J’ai aussi conçu du matériel pédagogique pour le magazine spécialisé dans le FLE, Français Dans Le Monde. Aujourd’hui, je suis recrutée aux Etats-Unis par le programme CODOFIL, piloté par le ministère des affaires étrangères, programme permettant aux professeurs francophones de contribuer au développement du français en Louisiane. Je suis donc professeur de français langue seconde dans un collège du niveau 5e grade au 8e grade dans une région anciennement francophone. A travers ma mission, je souhaite offrir aux jeunes générations louisianaises le pouvoir de conserver et de transmettre leur héritage linguistique et de s’ouvrir aux autres cultures francophones notamment française et comorienne.

Comment se passe la vie aux Etats-Unis?
Voilà près d’un an que je vis dans la ville de Lafayette en Louisiane avec mon petit garçon de 6 ans. Maman solo, je dois jongler entre mes deux métiers : celui de maman et celui de professeur. La vie en Louisiane est agréable mais tout est très différent de la France. L’adaptation s’est faite aisément grâce à la présence et l’entraide d’une forte communauté francophone. Par contre la communauté comorienne n’est malheureusement pas du tout présente dans cette région… Mais je tiens à transmettre la culture comorienne et française à mon fils à travers la musique, la littérature, la cuisine…

Un message particulier?
Mon parcours me rappelle sans cesse que rien n’est impossible, qu’il ne faut jamais se décourager et avancer avec soi-même et les personnes qui sont importantes dans notre vie. Ne pas se créer de limites, se dépasser et ne jamais baissez les bras jusqu’à qu’à réussir, telles sont les devises qui m’accompagnent. Grâce au soutien de ma famille et mon amour pour mon fils, je me bats chaque jour pour que le lendemain soit meilleur qu’aujourd’hui.

Mon plus grand souhait aujourd’hui, est d’être une fervente actrice de la francophonie afin de promouvoir la diversité culturelle et linguistique de chaque communauté francophone notamment comorienne dont le lien commun est la langue française.

Propos recueillis par Salwa Mag

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