Cameroun : acquittement de 2 homosexuels condamnés à 5 ans de prison

7 janvier 2013

Cameroun : acquittement de 2 homosexuels condamnés à 5 ans de prison

Une rue de Yaoundé ©AFP

YAOUNDE (AFP) – (AFP)

Deux jeunes
Camerounais, dont la condamnation à 5 ans de prison
ferme en 2011 pour homosexualité avait suscité un
vif émoi international, ont été
acquittés lundi en appel.

Franky et Jonas « ont été déclarés non
coupables (d’homosexualité) » lundi par la Cour
d’appel du Centre à Yaoundé, a affirmé Me
Saskia Ditisheim, présidente de l’ONG Avocat sans
frontières-Suisse (ASF-Suisse) et avocate de ces jeunes
Camerounais condamnés en première instance à
5 ans de prison ferme pour homosexualité, pratique
interdite au Cameroun.

« Je n’en reviens pas.Je salue le courage des juges »,
s’est enthousiasmée Me Ditisheim, alors que les
acquittements dans ce genre d’affaires sont très rares
au Cameroun.

« Ils (Jonas et Franky) ne sont pas encore libres mais ils
le seront, le temps de faire quelques formalités
administratives », a assuré Me Ditisheim, soulignant
que « dès leur libération, ils doivent
absolument être mis en sécurité, sinon ils
vont être tués ».

« Dès à présent, la communauté
internationale doit les aider en leur délivrant des
visas pour qu’ils s’installent à l’étranger »,
a ajouté l’avocate.

Depuis quelques semaines, avocats d’homosexuels et
homosexuels présumés sont la cible de menaces de
morts récurrentes au Cameroun.

En novembre 2011, Jonas et Franky avaient été
condamnés à la peine maximale prévue dans le
cadre de la répression pénale des pratiques
homosexuelles : 5 ans de prison ferme.En outre, ils
s’étaient vu infliger une amende de 200.000 FCFA (300
euros), la plus lourde prévue pour les délits d’homosexualité.

Une troisième personne avait été
condamnée en même temps que Jonas et Franky mais
elle n’était pas présente lors du procès en
première instance et ne figurait pas dans la
procédure en appel.

Mi-novembre, le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies
aux droits de l’Homme (HCDH) a appelé à
mettre « fin aux arrestations arbitraires et placements
en détention » des homosexuels au Cameroun.

« La loi telle quelle est est une atteinte aux engagements
internationaux du Cameroun sur les droits humains et viole
les droits à la vie privée », affirmait le HCDH
dans un communiqué.

En décembre, la chef de la diplomatie européenne
Catherine Ashton a également condamné le verdict
en appel d’un tribunal du Cameroun, qui avait confirmé
une peine de trois ans de prison ferme contre un jeune
étudiant camerounais « pour homosexualité ».

En mars 2011, cet étudiant avait été
arrêté au domicile d’un particulier à qui il
avait envoyé ce SMS : « Je suis très amoureux de toi ».

Amnesty International a demandé la fin des mises en
détention « et autres formes de
persécutions » visant les homosexuels au Cameroun.

En 2011, 14 condamnations pour homosexualité ont
été prononcées au Cameroun.



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