Centrafrique : les rebelles annoncent avoir pris deux nouvelles villes

22 décembre 2012

Centrafrique : les rebelles annoncent avoir pris deux nouvelles villes

Une rue de Bangui ©AFP

LIBREVILLE (AFP) – (AFP)

La coalition
rebelle centrafricaine Séléka a annoncé
samedi à l’AFP avoir pris deux nouvelles villes en
Centrafrique vendredi, au lendemain de l’appel des chefs
d’Etats d’Afrique centrale à la négociation.

« Hier (vendredi) soir, une colonne de véhicules des
FACA (Forces armées centrafricaines) est venue au
contact de nos positions.Nous avons répondu et avons
été obligés de prendre Ippy (centre).Nous
sommes actuellement postés à Ndassim (centre) que
nous avons pris ce (samedi) soir », a affirmé à
l’AFP à Libreville le porte-parole du Séléka,
Eric Néris Massi, depuis Paris.

Le président centrafricain François
« Bozizé n’a pas l’intention de respecter un
cessez-le-feu et si ses colonnes viennent au contact, on
n’aura d’autre choix que de réagir », a assuré
le porte-parole, accusant le chef de l’Etat de « faire
s’approcher une colonne de véhicules (des FACA) de Bria
(ville diamantifère du centre prise par le
Séléka mardi, ndlr) pour lancer une offensive ».

Les rebelles de la coalition Séléka ont pris les
armes depuis dix jours et se sont emparé de plusieurs
villes du nord de la Centrafrique pour revendiquer notamment
« le respect » de différents accords de paix
signés entre 2007 et 2011, prévoyant un processus
de désarmement et de réinsertion des ex-combattants.

Vendredi, les rebelles avaient pourtant assuré qu’ils
suspendaient leurs opérations « afin de donner une
chance au dialogue », tandis que les chefs d’Etats de la
Communauté économique des Etats de l’Afrique
centrale (CEEAC) s’étaient réunis à N’Djamena
pour discuter en particulier de la crise centrafricaine.

Selon le communiqué final du sommet, la CEEAC a
« exclu toute option militaire au règlement de la
crise » et appelé à ’ »l’ouverture sans
délai de négociations à Libreville » entre
le Séléka et le gouvernement.Les chefs d’Etat
d’Afrique centrale ont demandé « le retrait des
rebelles à leur position de départ dans un
délai n’excédant pas une semaine ».

« Il est
difficile pour nous d’effectuer un retrait sans accord
préalable de cessez-le-feu », avait réagi
vendredi M. Massi.

Le porte-parole s’était cependant dit
« satisfait » de voir que les chefs d’Etats se
penchaient sur la question nationale et s’était dit
prêt à se rendre à Libreville pour des
négociations. »Nous voulons la paix, la paix
globale.Il nous faut des engagements fermes avec un
calendrier d’exécution précis.Ainsi, nous
demandons aux chefs d’Etat de la sous-région de nous
aider à trouver cette paix globale et
définitive », avait déjà annoncé M.
Massi dans la journée de vendredi.

Mardi, la ville minière de Bria (centre) était
tombée entre les mains des rebelles qui avaient
attaqué la semaine dernière plusieurs autres
localités du Nord, dont Ndélé.Jeudi, la
rébellion a conquis une nouvelle ville, Batangafo,
à 300 km au nord de Bangui mais en a perdu une autre,
Kabo, à 60 km de là, reprise par les troupes régulières.

Pays enclavé parmi les plus pauvres de la planète,
la Centrafrique était engagée depuis 2007 dans un
processus de paix après des années
d’instabilité, de multiples rébellions, mutineries
militaires et putschs qui ont ravagé son tissu
économique et l’ont empêché de tirer profit
de ses ressources naturelles.

De nombreuses rébellions ont signé des accords et
déposé les armes entre 2007 et 2011 mais, depuis
septembre, des mouvements dissidents au sein des
rébellions signataires sont apparus, tel la coalition
Séléka qui regroupe des ailes dissidentes d’au
moins deux mouvements.



Share

Tous droits de reproduction et de représentation

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*