C’est pour quant le changement aux Comores? la situation économique et sociale du pays continue à sombrer

croissanceAlors que les autorités du pays continue à célébrer l’accession de l’Union des Comores au point d’achèvement de l’initiative de renforcement des pays pauvres et très endettés (Ppte) accordée par Fonds Monétaire International, la situation économique et sociale du pays continue à sombrer. A en croire les chiffres, et selon les prévisions faites par plusieurs partenaires  de développement en collaboration avec le pays notamment, la Banque Mondiale (BM), la Banque Africaine de Développement (BAD), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le taux de croissance du pays pourrait atteindre  3,5% en 2013. Avec “un taux d’inflation de 3,5%”.

A qui profite cette croissance?

Cette question est loin d’être répondue, car si on regarde la situation du chômage, la qualité des services de soins de santé ainsi que l’accès aux populations vulnérables à une éducation de base et de qualité, il est évident que la redistribution de cette croissance ne profite qu’une infime partie de la population.

La situation du chômage n’a jamais inquiété les politiques. Selon eux, tout va se régler par la fonction publique. Mais, n’est-il pas nécessaire d’en parler maintenant et d’essayer de trouver des solutions durables avant que la bombe éclate? Les salaires des fonctionnaires représentent plus de 82% du budget annuel de l’état, ce qui traduit une rigidité de l’offre d’emploi par les institutions publiques. 44,5% de jeunes selon le BIT sont sans emploie.

Cependant, on dénombre actuellement plus de 7000 étudiants en formation à l’université des Comores, et environ 6000 dans des universités étrangères. Quel sort est réservé à cette jeunesse dans un moyen et long terme? Que faut-il faire pour que la sonnette d’alarme donnée aux autorités sur ce ce fléau puisse être enfin prise au sérieux. Il est évident que si rien n’est fait maintenant, les dix prochaines années à venir, le chômage sera à l’origine d’une explosion sociale sans précèdent dans le pays. Faut-il attendre cela pour réagir? Trop tard, en même temps que les reformes seront bouleversantes et ne laisseront aucune chance aux dirigeants. Pourquoi le gouvernement n’entreprend pas des mesures de diversification de l’enseignement secondaire et universitaire, en créant au sein des lycées et des universités des formations techniques et professionnelles capables de rendre autonomes les jeunes en formation? Faut-il à tous les jeunes de notre pays d’avoir des diplômes académiques? N’est-il pas la raison de la dégringolade de la qualité de l’enseignement supérieur? Les questions sont nombreuses et demandent beaucoup plus de réflexion.

Dans le domaine de la santé, il est vrai que certains indicateurs progressent notamment l’accès aux soins. Mais la qualité laisse à désirer. En plus de cela, la cherté des soins est un fardeau pour une population qui accuse plus de 44,8% de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Qui doit être soigné? Seulement les 55% restants? Et les autres où vont-ils se diriger ?
Le profil pays publié par l’OMS en 2011 sur la situation sanitaire du pays montre que malgré les effort consentis dans le domaine de la santé, à l’horizon 2015, date attendue pour l’évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les Comores risquent de ne plus être en mesure d’atteindre 30% de ces objectifs. Pour ne citer que ceux-ci, ce document montre que plus de 64% des causes de décès chez les enfants de moins de 5 ans sont liées à la diarrhée (20%), la pneumonie (22%) et autres maladies infantiles (22%). Le taux de mortalité des moins de 5 ans (pour 1.000 naissances vivantes), est de 104 pour mille alors que la cible OMD est fixée à 43 pour mille. Le ratio de mortalité maternelle (pour 100.000 naissances vivantes) est estimé à 340 alors qu’il est attendu à 133 à l’horizon 2015. Le taux d’utilisation actuelle de la contraception chez les femmes mariées âgées de 15-49 est estimé à 25,7% alors qu’il est attendu en 2015 à 21%. La malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans est évaluée à 25%, presque le double de la cible OMD fixée à 11%. Seuls les indicateurs concernant les naissances assistées par un personnel de santé qualifié (62%), la prévalence de tuberculose (65%), l’accès à l’eau (95%) et l’assainissement (36%) restent encore atteignables si les efforts du gouvernement parviennent à maîtriser les stratégies et politiques en vigueur dans ces domaines. Il faut noter que pour ces deux derniers indicateurs, les données disponibles ne sont pas fiables compte tenu de la méthodologie de collecte de la définition des ces indicateurs. En matière budgétaire, l’Etat ne consacre que près de 5% de dépenses publiques dans le domaine de la santé par rapport à son budget total. Tout ces éléments montrent encore une fois la nécessité de mener plus de réflexion sur ces questions afin d’épargner la population des maladies.
Dans le domaine de l’éducation, il est certain que les efforts déployés sont considérables, mais toujours est-il que la qualité de l’enseignement fait défaut. Dans le primaire par exemple,  le taux net de scolarisation (TNS) est estimé à 77,4% en 2010. Le taux brut de scolarisation est de 103%. Plus significativement, le taux d’inscription des enfants âgés de 6 ans a augmenté passant de 34,6% en 2008 à plus de 68% en 2010. Toutefois l’écart se creuse entre fille et garçon et encore plus entre les îles.

En terme de qualité, 60% des élèves en cinquième année du primaire n’ont pas acquis les compétences de base requises. Ce qui renforce encore plus l’idée de prendre en compte les questions liées à la qualité de l’éducation de base, principale source de perturbation du cursus scolaire de l’enfant.

Pour finir, il est temps de se mettre au travail pour passer réellement à l’acte et propulser le pays dans la voie tracée par nos îles sœurs, l’Ile Maurice et les Seychelles qui en ce moment constituent les paradis de l’Océan Indien.

Saandi MAOULIDA, Economiste / © Comores-infos

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