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C’était le 16 juin 2018, un an jour pour jour, que Djaffar a rompu avec Azali

Djaffar n’a qu’une seule préoccupation en tête: rentrer au bercail. Revanchard, Azali refuse de lui ouvrir les portes.

Il y’a un an, jour pour jour, le vice-président Djaffar Ahmed Said était applaudi en héros. Et pour cause: il a eu le courage de dénoncer la folie dictatoriale d’Azali Assoumani qui, moins de deux mois plus tard, organisera un référendum constitutionnel. Djeff, comme l’appelle affectueusement son ami SAST, aura ainsi rejoint les gouverneurs d’Anjouan et de Ngazidja dans le très populaire rang des contestataires du changement constitutionnel.

La déclaration de Djaffar faite depuis Mrodjou, le siège du gouverneur de Ngazidja, a pris Azali Assoumani de court. Il était abasourdit qu’un de ses plus proches collaborateurs se retourne contre lui. Et sa colère n’attendra pas longtemps avant de se manifester. Le petit frère Djaffar l’avocat Bahassane Said Ahmed, l’ami de Djaffar l’écrivain SAST, sont arrêtés quelques semaines plus tard, accusés de fomenter un coup d’Etat.

Djaffar prépare discrètement son voyage vers Tanzanie. Il n’en peut plus des menaces et intimidations pleuvant sur lui telle une pluie torrentielle. Son départ en catimini a provoqué l’arrestation de plusieurs agents de l’aéroport de Hahaya. Sa femme n’a pas été épargnée non plus. Parti avec un passeport ordinaire, Djaffar verra son passeport diplomatique annulé par le ministère des affaires étrangères, et un mandat d’arrêt international émis à son encontre par la justice comorienne.

Le haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) le protège en Tanzanie où, un moment, il a été kidnappé avant de tirer son épingle du jeu en versant une rançon. Le temps passe, Djaffar se plonge dans une méditation profonde. Il décide alors de renoncer à ses principes pour se frayer un chemin de retour au bercail. Azali ne l’entend pas de cette oreille. Il refuse d’en démordre.

Dajjafar part alors à Paris pour des raisons familiales. Sa mère, sérieusement affectée par le violent acharnement que subissent ses fils, est grièvement malade. Djaffare est allé à son chevet avant qu’elle ne rende l’âme quelques temps plus tard. La dépouille est rapatriée à Moroni. Aucun des deux fils n’aura le droit d’assister aux funérailles pour un dernier un hommage.

Ni le prisonnier Bahassane, n’en parlons plus le réfugié Djaffar. Ce refus des autorités a ému l’opinion nationale et internationale. « Un cœur de caillou » regrettaient les uns, parlant d’Azali. « Même à l’époque des mercenaires les prisonniers avaient le droit de rendre un dernier hommage à leurs proches», rappelaient les autres.

Djaffar décide alors le cœur en bandoulière de retourner en Tanzanie après son séjour très discret à Paris. En même temps il accélère les manœuvres d’obtention du pardon d’Azali. Le chef de l’Etat bouche ses oreilles, revanchard, malgré la multiplicité des appels de pied, par le biais des émissaires envoyés par son ancien vice-président.

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