Cette CAMUC que personne ne veut défendre

​Trois ans après son lancement en fanfare par le gouvernement d’Ikililou Dhoinine, la centrale d’achat des médicaments essentiels en Union des Comores revient sous le feu des projecteurs. Il est très probable que la proposition de loi déposée par le député Tocha Djohar pour son abrogation puisse passer sans encombre et à un moment où la centrale semble faire l’unanimité contre elle.

L’abrogation de la loi portant création de la centrale d’achat des médicaments essentiels en Union des Comores ne semble poser aucune difficulté pour les parlementaires, presque personne ne semble disposé à lui porter secours. Même les autorités. Convoqués par la commission des lois du parlement, les responsables de cet établissement censé assurer l’approvisionnement des médicaments essentiels ont eu du mal à convaincre la commission sur le bien fondé de l’établissement à caractère associatif.

A en croire Jean Youssouf du ministère de la santé, la liquidation de la pharmacie nationale autonome au profit de la centrale d’achat, serait liée beaucoup plus à une mauvaise gestion qu’à autre chose. Et au lieu de redresser l’entreprise « les autorités ont opté pour la facilité en liquidant la PNAC ».

Pourquoi le régime sortant a pris ce chemin de la facilité et qui a-t-il protégé ? C’est de là que les parlementaires vont se pencher si l’on tient compte des propos tenus par Ali Mhadji président de la commission desaffaires étrangères. D’après-lui une ouverture d’enquête parlementaire n’est pas à exclure après l’abrogation de la loi portant création de la CAMUC.

« Après l’abrogation de la loi sur la CAMUC nous allons commencer à entamer des auditions sur la gestion de la centrale et voir si vraiment les textes ont été respectés, ce que je ne croit pas », a-t-il soutenu. L’élu de la région de Hambou est catégorique, la CAMUC a failli incontestablement à ses objectifs et « ne répond à aucune des attentes placées en elle, et en plus, elle ne répond pas aux besoins de la société comorienne ».

Et lui de regretter la PNAC qui avait « deux objectifs, produire des médicaments et une politique d’accessibilité. Cette politique d’accessibilité était de deux manière : géographique c’est à dire locale mais aussi financière, c’est à dire que les médicaments devaient être vendus moins cher pour qu’ils soient accessibles à toutes les couches sociales ». A son avis la CAMUC serait loin aujourd’hui d’assurer ce rôle.

Même constat pour Ahmed Abdallah Charif employé de la CAMUC qui fait savoir que la centrale à échoué et « n’arrive plus à se substituer à la PNAC. Les ruptures de stocks sont fréquentes, les médicaments sont chers et un personnel insuffisant ». M. Abdallah Charif ne va pas de mains mortes pour accuser le pouvoir précédent d’avoir voulu masquer la mauvaise gestion et la gabegie qui caractérisaient la PNAC. Et lui de dénoncer le double langage des autorités d’alors. Il affirme que le discours qu’elles tenaient devant les députés était différent de celui qu’elles adressaient aux employés. « On nous a trompé, regrette un députe réélu, ce que j’ai constaté la loi votée et promulguée est loin de laréalité actuelle ».  

Pour rappel, le parlement comorien n’est pas à sa première proposition de loi pour l’abrogation de cette loi du 28 juin 2012. Le député Abdoul Fatah l’avait déposé, elle serait finalement rejetée par les députés d’alors. « La République des pharmaciens » est passée par là.

Maoulida Mbaé /LGDC 

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