« Chaque client de la Ma-Mwe et d’EDA doit désormais faire preuve de civisme, en payant sa facture »

Allocution de Son Excellence Monsieur AZALI Assoumani Président de l’Union des Comores, A l’ occasion de l’inauguration de la centrale de Wemani à Mwali

04 mai 2017

Honorable assistance, 

Mes chers compatriotes,

Vous imaginez sans doute, l’émotion et l’état d’esprit qui m’animent en ce jour, où nous allons lancer la nouvelle Centrale électrique de Wemani, ici à Mwali. Vous le savez certainement car ce sont les mêmes sentiments que les vôtres, en ces instants, de gratitude et de reconnaissance, de joie et de bonheur, mais aussi de gravité et de responsabilité.

La gratitude à l’égard d’Allah, Le Tout-Puissant, qui nous a accordé ses bienfaits et ne cesse de nous les prodiguer, chaque jour et chaque mois, depuis que dans Sa Grandeur, Il nous a confié par l’intermédiaire du peuple comorien, les destinées de ce pays.

Je rends grâce au Tout-Miséricordieux, de nous avoir permis de rechercher et de trouver, chez nous, les moyens de doter nos iles, des centrales dont elles avaient besoin, pour mettre un terme aux décennies de délestages, aux années d’obscurité, synonymes de tristesse dans nos foyers, de précarité dans nos familles, de faillites dans nos entreprises et de pertes immenses pour l’Etat.

La reconnaissance, je l’aie à l’endroit de l’ensemble de mes concitoyens en général, et de mes compatriotes de Mwali en particulier, pour leur confiance à mon égard, hier comme aujourd’hui, et pour avoir su faire preuve de patience et d’avoir gardé la foi et l’espoir de sortir un jour de l’obscurité, sans se laisser duper par les mauvaises langues ou encore les solutions à l’emporte-pièce. Je partage aujourd’hui, la joie et le bonheur qui sont les leurs, de disposer désormais d’électricité qui va leur faciliter la vie.

Désormais, l’électricité n’est plus l’apanage de Moroni et de ceux qui vivent en ville mais le courant fera la joie des utilisateurs de réchauds électriques, des salons de coiffure, des moulins, des réfrigérateurs. Le courant fera augmenter les revenus des utilisateurs.

Mais je pense surtout aux hommes et aux femmes qui sauront mettre à profit l’énergie électrique, pour multiplier leurs activités génératrices de revenues.

Ce courant sera, Insha-Allah, permanent et stable. Ainsi, maintenant que nous avons paré à l’urgence, nous pourrons avec sérénité, envisager la diversification de nos sources d’énergie. Je pense à la centrale de fuel lourd, initiée par mes prédécesseurs et dont je dois assumer la réalisation très bientôt, au nom de la continuité de l’Etat, malgré une approche initiale tout à fait discutable.

Je pense surtout aux énergies propres et à ces sources d’énergie largement disponibles dans notre pays : la géothermie, l’hydraulique, le solaire et l’éolienne qui constituent les bases du développement économique des Comores d’aujourd’hui, de demain.


C’est dans cette direction, que nous pourrons envisager sans risques, de ne plus utiliser le bois ou le charbon de bois pour la cuisson, afin de préserver nos forets et donc notre environnement. C’est vers les énergies renouvelables, que nous devons nous tourner, pour que le branchement d’une maison au réseau électrique ne soit plus un luxe pour les habitants sans revenus.

C’est dans ce sens, que nous pourrions enfin mettre le prix de ce courant électrique, à la portée de tous.

Mes chers compatriotes,

Après avoir inauguré en quelques mois, les centrales de Voidjou à Ngazidja, de Trénani à Anjouan et de Wemani ici à Mwali aujourd’hui, nous posons d’une manière concrète l’acte un dans l’ère de l’émergence, celle de la redynamisation de notre économie dans une approche multisectorielle. « Aide toi le Ciel t’aidera » C’est ce que nous avons voulu faire dans la problématique de l’Energie.

Et Allah Le Tout Puissant, nous a entendus. Ainsi donc, des amis qui ont constaté notre volonté de changement, nous ont apporté leur soutien. Je tiens ici de la manière la plus solennelle à leur exprimer au nom du Peuple comorien et au mien, toute ma gratitude.

Ces centrales nous les avons payées de nos poches, avec nos propres moyens. Alors, fini les fantaisies, les gestions hasardeuses, les trafics, les sabotages et la corruption.

Chaque bout de ces groupes électrogènes, appartient à chaque Comorienne, à chaque Comorien. Et nous avons l’impérieuse obligation d’assurer la pérennité d’un investissement aussi important pour le pays.

Alors, devant le bien commun, chacun doit faire preuve de responsabilité, à commencer par le respect de la Loi et des règlements de ce pays par tout le monde et surtout par ceux à qui nous confions la gestion et le fonctionnement de ces centrales, à savoir les agents de la Ma-Mwe et de l’EDA.

Chaque client de la Ma-Mwe et d’EDA doit désormais faire preuve de civisme, en payant sa facture, bien sur mais aussi et surtout, en refusant les trafics de courant qui, en plus des risques d’insécurité qu’ils font courir à nos foyers, met à mal la trésorerie d’une société déjà mal en point.

Pour sa part, l’Etat qui a investi plus de 7 milliard de nos francs, pour installer ces centrales, déclare la guerre à la fraude de l’électricité et au vol du carburant destiné aux Groupes électrogènes J’ai de la suite dans les idées.

L’ordonnance n°03-006/PR que j’ai signée en 2003 sera appliquée dans toute sa rigueur. Les spécialistes s’en chargeront mais je tiens à rappeler ici, l’article 1er de cette ordonnance, qui stipule que « quiconque, par quelque moyen ou procédé que ce soit, aura frauduleusement soustrait du carburant ou tenté de soustraire du courant électrique ou de l’eau, sera puni d’un emprisonnement de 6 mois à 7 ans et/ou d’une amende de 100.000 à 1.000.000 de francs comoriens ». Et je n’exclus pas une révision de cette ordonnance, pour des sanctions encore plus sévères.

Mes chers compatriotes,

Ma détermination et ma persévérance restent intacts. J’entends poursuivre les objectifs de développement de notre pays qui sont autant d’engagements devant Dieu et devant vous.

Ainsi, j’ai émis l’ambition légitime, que je souhaite partager avec toutes les Comoriennes et tous les Comoriens, de faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030.

Ce n’est pas un mirage, ce n’est pas un rêve et encore moins un slogan. Je rentre de la République sœur de Maurice et je vous avoue, que là-bas, à chaque coin de rue, hormis les traces de l’urbanisme et de la modernité, on se croirait ici, chez nous.

Nous avons le même cadre de vie, fait de plages de sable blanc, de merveilleux lagons de bleu turquoise et de magnifiques paysages panoramiques. Mais ces dons dont Dieu nous a dotés, nous devons les compléter par nos efforts notamment par la construction d’infrastructures modernes, aussi bien portuaires, aéroportuaires, routières, scolaires, hospitalières.

C’est pourquoi, nous avons lancé les grands chantiers de construction et de rénovation de nos routes, que nous allons inaugurer très prochainement l’Hôpital de Bambao et que nous allons reconstruire l’Hôpital El-Maarouf pour en faire un centre hospitalier de référence internationale.

Dans tous ces efforts, comme pour nos centrales, nous avons compté, d’abord sur nos propres ressources. Cela ne signifie nullement que nous avons la capacité de tout faire. Nous comptons aussi sur nos partenaires au développement, bi et multilatéraux, mais aussi sur les nombreux investisseurs privés étrangers qui commencent à visiter notre pays, qui s’intéressent à nous et qui ont décidé de miser sur l’Union des Comores et d’accompagner son émergence.

Il nous appartient alors de capitaliser la stabilité politique et sociale que notre pays a acquise. Nous devons réinventer un secteur financier dynamique, en plus d’une zone économique spéciale que nous envisageons de mettre en place.

Bien entendu, nous devons stabiliser et rentabiliser le secteur des télécommunications, parce que dans le monde d’aujourd’hui les nouvelles technologies constituent un véritable levier de croissance, et un secteur pourvoyeur d’emplois.

Déjà, notre pays dispose d’un environnement favorable à l’investissement grâce aux mesures incitatives pour faciliter les investissements étrangers directs et les investisseurs institutionnels.

Nous devons améliorer notre fiscalité pour la rendre plus attrayante encore. Comme vous le voyez, l’émergence ce n’est pas un simple mot à la mode. Nous devons alors redoubler d’efforts pour en réunir toutes les conditions.

Progressivement nous y allons. Ne vous occupez pas des railleries et des sceptiques. En ce qui me concerne, chose promise, chose due.

J’userai de tous les moyens dont je dispose et j’y mettrai toute mon énergie, pour réaliser, une à une les promesses faites aux comoriennes et aux Comoriens, et ceci bien sûr avec votre aide, votre accompagnement et vos prières.

Oui, j’entends les appels qui viennent des jeunes et des familles, relatifs à l’offre d’emplois. Mais comme pour l’énergie, je vous demande la patience et la confiance.

إِنَّمَا يُوَفَّى الصَّابِرُونَ أَجْرَهُمْ بِغَيْرِ حِسَابٍ

 « Et les endurants auront leur pleine récompense sans compter. » (Surat Az-Zoumar) 39:Verset 10). 

Mes chers compatriotes,

Nous sommes au commencement d’une ère nouvelle. Rassurez-vous, le changement est en marche. Et comme disait l’autre et je le répète encore : YES WE CAN !

Vivent les Comores dans l’unité, la stabilité et la paix 

Vive la République

Je vous remercie

Beit Salam

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