Ckeikh Yahaya Moinaecha: La gardienne de la langue comorienne

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Enseignante chercheuse à l’Université des Comores, Moinaecha Cheikh Yahaya est de ceux qui ont donné à la langue comorienne ses lettres de noblesse. Cette ancienne secrétaire général du gouvernement est aussi l’un des artisans de la réconciliation nationale.

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Si aujourd’hui la langue comorienne connaît un début de codification, c’est aussi grâce à Moinaecha Cheikh Yahaya. La soixantaine, ce sont plusieurs ouvrages qu’elle a consacré au Shikomori. Une langue maternelle qu’elle est tombée amoureuse depuis ses débuts en tant qu’étudiante en France. « J’étais militante très active de l’ASEC (association des stagiaires et étudiants comoriens) qui portait un intérêt particulier à l’étude et à la promotion de la langue comorienne, et des séminaires de formation étaient parfois organisés au sein de l’association sur ce thème.

Et c’est un des facteurs qui m’a donné l’envie de m’orienter vers des études de sciences du langage après la licence avec un accent particulier sur l’étude de la langue comorienne », dixit cette femme titulaire d’un DEA de linguistique phonétique obtenu à l’Université d’Aix en Provence en 1982. Et cette ancienne ministre de l’éducation nationale a commencé à enseigner le Shikomori en France, avant de continuer aux Comores.

Malgré 32 ans passés à instruire des générations entières, Moinaecha Cheikh Yahaya garde toujours le même punch. Toujours dévouée à partager le savoir, elle ne conçoit pas sa vie sans l’enseignement.  » Je vais continuer dans l’enseignement et la recherche, profiter au maximum de mes enfants et de mes petits enfants », martèle cette mère de 3 enfants avec 3 petits enfants quand il s’agit d’évoquer ses perspectives dans l’avenir. Native de Moroni, cette ancienne ministre de l’éducation nationale consacre donc corps et âme à l’enseignement. Un travail qu’elle a toujours exercé en parallèle avec la recherche. Deux domaines qui la tiennent à coeur.

« J’ai commencé ma carrière au CNDRS en octobre 1984 en tant que chercheur linguiste et en même temps j’enseignais à l’ENES (Ecole Nationale d’enseignement supérieur) et je dirigeais en même les mémoires des étudiants », raconte cette ancienne Directrice générale adjointe du CNDRS. Ses efforts dans le domaine de l’enseignement se sont récompensés avec l’ouverture de l’Université des Comores dont elle avait la charge de superviser les travaux de l’équipe d’experts chargés du dossier en tant que secrétaire générale du gouvernement.

Sans étiquette politique, Moinaecha Cheikh Yahaya franchit aussi tous les échelons du gouvernement en apportant tout savoir-faire. Entre autres réalisations lors de son passage au sommet de l’Etat, Moinaecha est ceux qui se sont battus pour la réconciliation nationale. « En tant que secrétaire générale du gouvernement j’ai signé l’invitation à la cérémonie inaugurale de la première session extraordinaire de l’assemblée nationale de l’Union des Comores le 4 juin 2004, et je me suis dite ouf ! Azali et son équipe ont réussi à réconcilier les comoriens, donc mission accomplie », souvient-elle, plus de 15 ans après. Avec le sentiment de la mission accomplie, Moinaecha Yahaya s’est retirée du sphère politique pour se consacrer entièrement et totalement à l’enseignement.

Salwa Mag

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