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Colonel Azali Assoumani, outre les coups d’état électoraux, les assassinats politiques commis par des militaires et impunis, il y a les prisonniers politiques

Tribune: E yahowa y’a Ridja (Le Jeudi du Ridja)

Colonel Azali Assoumani, outre les coups d’état électoraux, les assassinats politiques commis par des militaires et impunis, il y a les prisonniers politiques

La démarche citoyenne des centaines de Comoriens qui ont saisi la justice d’une plainte contre X après publication du rapport de l’enquête parlementaire sur les fonds provenant de l’opération Citoyenneté Économique répondait à un souci légitime de nos compatriotes, avides de droits, à vouloir la vérité sur l’usage de ces fonds estimés à des centaines de millions de dollars. Avant toute chose, je me dois de rappeler que je suis l’avocat constitué par les parties civiles dans cette procédure. Cependant, en raison de l’immixtion permanente de l’exécutif dans ce dossier qui devait être uniquement judiciaire, l’arbitraire et l’oppression qui l’ont accompagné, je ne peux pas me soustraire à ma conscience et à mon devoir d’homme et d’avocat libre. La gestion judiciaire de l’affaire de La Citoyenneté économique m’emmène, quel que soit le risque encouru, à condamner la politisation de cette procédure. En réalité, elle est gérée personnellement par le colonel Azali et par le pouvoir politique après la grave démission et les échecs de l’autorité judiciaire. La politisation à ciel ouvert et flagrant de ce dossier judiciaire traduit l’absence de l’autorité judiciaire aux Comores et une victoire de l’arbitraire.

Effectivement, je suis l’avocat constitué par des centaines de citoyens Comoriens dans ce dossier mais je condamne et proteste fermement contre le traitement dégradant, inhumain et humiliant réservé au citoyen et justiciable Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Plusieurs mois après le premier appel de détresse sur l’état de santé de ce dernier fait par son avocat et sa famille, le pouvoir illégalement en place à Moroni, par l’intermédiaire de son ministre des affaires étrangères a finalement avoué que l’état de santé nécessite son évacuation à l’étranger. Malgré cette déclaration aucune disposition ne semble avoir été prise pour que cette évacuation soit effective. Jusqu’à preuve du contraire, les propos tenus par le ministre ne sont pas suivis d’effets, des propos tenus dans le vent. J’espère tout de même qu’il est encore temps pour que la justice comorienne se ressaisisse et assume enfin ses responsabilités.
Après ses graves démissions dans les affaires liées aux assassinats des chefs d’État comoriens en exercice, l’institution judiciaire avait une très bonne opportunité d’écrire une nouvelle et belle page de son histoire. Nous savions que l’implication de la présidence de la République et son influence dictatoriale, pourraient compromettre la manifestation de la vérité dans l’affaire de la citoyenneté économique.

Le peuple comorien aussi impatient, risque de ne jamais connaitre la vérité dans ce programme. Au-delà de la défaillance de notre système judiciaire, la crédibilité de la parole politique est sérieusement mise à rude épreuve dans cette affaire. Déjà, la culpabilité du Président Sambi évoquée par le colonel Azali Assoumani dans la presse internationale et reprise par son directeur de cabinet et chargé de La Défense ainsi que son ministre de la justice, sans qu’il y ait eu un jugement, est une atteinte flagrante et grave au droit fondamental qu’est la présomption d’innocence.
La déclaration d’Amine Souef alors ministre des affaires étrangères qui finalement avoue la dégradation de l’état de santé de Sambi et son engagement non suivi d’effet sur l’évacuation de Sambi à l’étranger pour y suivre des soins constituent des échecs retentissants pour ce dernier après celui de l’ouverture hasardeuse et irresponsable d’un consulat général des Comores dans le Sahara et sa déclaration hasardeuse et démagogique sur une hypothétique fédération ou confédération des Comores avec la Tanzanie. Avec ce ministre, les gaffes se multiplient exponentiellement.
Finalement, la parole de Elamine Souef , comme ministre des affaires étrangères ne vaut rien et n’a aucune valeur, sa crédibilité est sérieusement mise à rude épreuve. Après ses déclarations de culpabilité de Sambi sur la chaîne française, TV5, venue dans son ministère pour une interview, Monsieur Amine Souef apporte la preuve que son expérience dans la diplomatie internationale, au sein de l’ONU, aura finalement servi à aider son cousin, colonel Azali Assoumani à infliger des traitements inhumains, dégradants et humiliants à ses opposants.

Au nom de l’idée que je me fais de la justice, des libertés et de l’humanisation des procédures judiciaires, pour l’honneur de notre pays, pour la justice, il est temps de mettre fin aux souffrances et aux injustices dont sont victimes les adversaires politiques de Azali Assoumani.
Il est temps de combler le fossé, les gouffres qui séparent les comoriens. Engageons-nous tous ensemble, à mettre fin à la souffrance de notre peuple due à la pauvreté et aux injustices sociales que sont le résultat de la mauvaise gouvernance.
Pour l’honneur de notre pays, je vous supplie de ne pas compromettre l’état de santé de Sambi qui fut président de notre pays. Comme pour les 70 autres prisonniers politiques, son maintien en détention est arbitraire en ce qu’elle ne repose sur aucune base légale.
Le maintien en détention de Monsieur Sambi, après l’expiration de la durée légale fixée par le juge d’instruction, qui, après l’expiration de la première durée initiale de 4 mois, l’avais renouvelée pour une nouvelle durée de 4 mois, soit 8 mois, est manifestement abusive.

À l’illégalité de cette détention, s’ajoute le traitement inhumain, dégradant et humiliant qui lui est réservé. Pourtant, il est de notoriété publique que l’état de santé de l’ancien président nécessite une évacuation pour bénéficier de soins appropriés. Outre la détention abusive et politique de Sambi, on peut ajouter nombreux prisonniers politiques à l’image de l’ancien gouverneur Salami, l’ancien secrétaire général du ministère des Finances, Idi Boina, Saleh Assoumani, les anciens vice-présidents Mamadou, Nourdine Bourhane et Djaffar Ahmed, les exilés politiques dont le gouverneur Hassani Hamadi , Tocha Djohar, moi-même, Dr Achmet et tant d’autres.

Said Larifou

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