Commémoration de la mort de Taki à M’béni: Mamadou et Azali, chaque camp organise séparément sa cérémonie

​18 années après sa mort, Taki n’est pas oublié. Deux cérémonies distinctes dans une même ville (M’béni) ont marqué cette commémoration de la mort de l’ancien président de la république Mohamed Taki Abdoulkarim. Mamadou et Azali, avec leurs invités respectifs ont chacun organisé une cérémonie à part. Les premiers le samedi 5 novembre à la grande mosquée du vendredi, en présence de Mohamed Ali Soilih (Mamadou) et les seconds, le dimanche 6 novembre, en présence du chef de l’Etat et du gouverneur de Ngazidja.

A M’béni, fief de Mamadou et Karihila (deux duels le 26 décembre 2009 lors des législatives), la campagne électorale n’est pas, visiblement terminée. Cela est visible notamment dans les cérémonies de mariage, les funérailles, etc. Et pour couronner le tout, ce week-end du 6 novembre, date anniversaire de la mort de l’ancien président des Comores, natif de cette ville, deux cérémonies commémoratives ont été organisées. Chaque camp (pouvoir et opposition) choisit leur jour et le lieu qui lui convient. Samedi, pour le camp de Mamadou et dimanche pour les partisans de la Crc, soutenue par la famille de feu Taki.

Au cours de la première cérémonie honorée par l’ancien vice président Mohamed Ali Soilih, son ex-colistier à la dernière présidentielle, Houmed Msaidié, deux candidats malheureux dans cette même élection, Mahamoud Wadaane et Said Larifou, Dr Abdoulhakim s’argumente à propos de cette double cérémonie. « L’ancien président Taki est mort le 5  novembre. Donc, il n’y a pas une raison de déplacer cette date », dit-il après la lecture du saint coran.

Quant à la cérémonie de dimanche qui n’a pas été pas hélas retransmise en direct par Radio Comores malgré la présence du chef de l’Etat et du gouverneur de Ngazidja, Karim Mohamed Taki, fils de l’ancien président, rend hommage à la ville de M’béni, chef lieu de la région Hamahamet-Mboikou. « Je reconnais que M’béni, cette année, aime Taki jusqu’à l’extase. Au point que deux cérémonies commémoratives soient organisées à deux jours d’intervalle », ironise-t-il.

Les organisateurs de la cérémonie de samedi n’avaient aucun objectif que de s’opposer à l’arrivée du président Azali à M’béni. « Que vous le vouliez ou pas, Dieu a voulu qu’il soit réélu une seconde fois. Personne ne peut aller à l’encontre de la volonté divine », tient à rappeler le Mufti de la république qui appelle au calme pour l’intérêt du pays. « C’est fini les élections. Celui qui a gagné s’appelle Azali. Il faut qu’on passe à autre chose », martèle Charif Said Toihir Said Maoulana.

Le chef de l’Etat, dans son discours, estime que ceux qui se sont déplacés à M’béni pour prier à la mémoire de « notre cher président », ses efforts ne sont pas vains. « Ils seront  récompensés tôt ou tard », prie le président Azali qui rappelle que Dieu est grand, miséricordieux et fait ce qu’il veut. « Aucun village dans ce pays n’a été oublié par les œuvres de Taki. Soit une école, soit une citerne », atteste le chef de l’Etat. « Nous devrions être  reconnaissants de toutes les actions de Taki », estime Foundi Ismael Said Hamadi, notable et porte parole de la ville de M’béni, qui, selon des témoins, n’a pas pris part à la cérémonie du samedi.  

Ibnou M. Abdou /LGDC 

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