Communiqué de l’opposition

ASSEMBLEE DE L’UNION
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LES DEPUTES DE L’OPPOSITION
Les Conseils des îles autonomes ont procédé aux votes des conseillers qui siègent à l’Assemblée de l’Union chaque année comme cela est stipulé dans les lois statutaires des îles et les règlements intérieurs de ces institutions. Les procès-verbaux des séances de vote ont été transmis officiellement par les Bureaux des Conseils des îles à l’Assemblée de l’Union.

Certains conseillers de l’île d’Anjouan et les conseillers de l’île de Ngazidja qui avaient siégé l’année dernière à l’Assemblée ont fait certaines contestations. Sur cette base, le Président de l’Assemblée Abdou Ousseini s’est arrogé le pouvoir d’interdire aux conseillers nouvellement élus de venir siéger à l’Assemblée.

Or, le Président de l’Assemblée n’est pas compétent et n’a aucune autorité pour juger les conflits qui peuvent surgir des conseils insulaires. En effet, ces conseils, qui assurent le pouvoir législatif des îles autonomes, sont indépendants de l’Assemblée de l’Union. De tels conflits ne peuvent être arbitrés que par la Cour Constitutionnelle. De ce fait, il n’a aucun droit de refuser de prendre en compte les procès-verbaux qui lui sont transmis par les Bureaux des Conseils de l’île et de s’ériger ainsi en juge constitutionnel.

Mais un tel abus de pouvoir n’est pas étonnant de la part du Président Abdou Ousseini. En effet, il a déjà transformé l’Assemblée en une sorte de République bananière où il règne en roitelet en dehors de toute règle et de tout contrôle. Même le Bureau de l’Assemblée est tenu à l’écart. Il a instauré une gestion opaque du budget de l’Assemblée et de tout autre fonds alloué à l’Assemblée qui devient sa chose personnelle. En trois ans de mandat aucun rapport d’exécution financière du budget de l’Assemblée n’a été présenté aux députés.

En réalité, l’objectif des agissements du Président Abdou Ousseini est de faire barrage aux trois conseillers JUWA d’Anjouan élus en toute transparence en présence de la quasi-totalité des conseillers de l’île. Ce n’est pas la première fois qu’il agit de la sorte. On se souvient que l’année dernière il avait admis à l’Assemblée, des Conseillers d’Anjouan désignés par une minorité, hors de l’hémicycle du conseil de l’île d’Anjouan lors une pseudo-séance présidée par un doyen d’âge et des benjamins. Et contre toute logique, refusé ceux qui avaient été élus par la majorité dans l’hémicycle du conseil et dont le procès-verbal de séance, signé du Président du conseil de l’île et des Secrétaires, lui avait été transmis officiellement.

Cet après-midi du vendredi 6 avril 2018, il a donc pris la décision arbitraire de procéder à la séance d’ouverture de la session d’avril en l’absence des conseillers d’Anjouan et de la Grande Comore. Interpelé par les députés de l’opposition qui le sommait de s’expliquer sur l’absence de ces conseillers, il a fait la sourde oreille et a voulu poursuivre son discours comme si de rien n’était. Devant l’insistance des députés, il a sorti un taser qu’il a utilisé pour électrocuter le Député Tocha Djohar. Les députés de l’opposition déplorent et condamnent un tel comportement, indigne de la deuxième personnalité de la République et s’étonnent que le Ministre de l’Intérieur chargé des relations avec le Parlement, Mohamed Daoudou, le trouve justifié. De plus, ce dernier a affirmé que le Gouvernement de l’Union n’avait pas reçu de lettre du Conseil de l’île d’Anjouan l’informant du vote qui avait eu lieu dans ce conseil. On ne peut que constater que le Ministre ignore les principes de la séparation des pouvoirs et de l’autonomie des îles.

Pour qu’il puisse perpétrer son coup de force sans témoin, le palais du peuple a été investi par les forces de l’ordre qui ont empêché le public d’entrer. La Communauté Internationale, qui d’habitude est invitée à cette cérémonie d’ouverture, ne l’a pas été cette fois-ci. Les forces de l’ordre ont pénétré dans l’hémicycle pour la seconde fois dans de cette législature.
Les députés de l’opposition déplorent également le mauvais traitement subi par les conseillers de l’île de Ngazidja qui ont été arrêtés et jetés sans ménagement dans un véhicule des forces de l’ordre malgré leur statut d’élus.
Les députés de l’opposition exigent que les conseillers de l’île d’Anjouan et de la Grande Comore qui ont été votés par leurs conseils soient admis à siéger à l’Assemblée de l’Union et que les éventuelles contestations soient déposées, comme de droit, devant le juge constitutionnel.
Ces évènements montrent encore une fois le disfonctionnement des institutions qui découle du non renouvèlement des membres de la Cour Constitutionnelle. Les députés de l’opposition demandent au Chef de l’Etat, garant du bon fonctionnement des institutions, de mettre en place la Cour Constitutionnelle dans les meilleurs délais.
En attendant, les députés de l’opposition constatent qu’il n’y a pas eu d’ouverture de la session d’Avril 2018.

Les députés de l’opposition n’accepteront jamais que l’arbitraire soit érigé en règle à l’Assemblée de l’Union et continueront à se battre pour faire respecter la légalité constitutionnelle.
Fait à Moroni le 6 avril 2018
Les députés des partis : UPDC, JUWA, RDC et CRC-M

1 commentaire sur Communiqué de l’opposition

  1. Mieux vaut prévenir que guérir.

    L’inexistence de la cour constitutionnelle aurait dû faire l’objet d’une contestation avant.
    Cette absence d’une opposition crédible au despote lui facilite la destruction des institutions.
    Dans quelle mesure le dictateur local Azali assoumani Mugabe a t-il une longueur d’avance par rapport à l’opposition ?

    Indéniablement, le despote est très en avance par rapport à ses adversaires politiques.
    Vous avez constaté pendant son élection qu’il avait réussi à régionalestromper l’homme au turbans. Car, en dépit de sa malhonnêteté intellectuelle, il a usé la ruse pour en arriver là. D’ailleurs, personne ne s’en est aperçu de son arrivée. En effet, sa formation de stratège lui a valu cette avance par rapport à ses concurrents. Par conséquent, il a pu d’une part utiliser ses réseaux pour détruire les institutions qui lui sont hostile. C’est le cas au parlement où le budget est régulièrement voté avec un seul député. Nous voudrions qu’on nous explique qu’un seul député arrive à faire adopter un budget sur une trentaine d’opposants. Il fallait vraiment prendre les comoriens pour des chenapans.
    D’autre part, le dictateur local Azali assoumani Mugabe a rendu l’opposition inaudible aux yeux de la population et de la communauté internationale.
    D’abord, l’opposition est complètement déstructurée et ne prends aucun risque politique. Or, sans une déstabilisation du régime Azali restera longtemps au pouvoir. Il faut noter que la communauté internationale a constaté un vide d’opposition. Cela pose un vrai problème d’alternative du pouvoir en place. Elle se demande à qui lui confier le pouvoir? Sachez que la crise Mahoraise pourrait faire les affaires de l’opposition. Néanmoins, celle-ci (opposition), n’a pas su exploiter cette dernière. Il faut dire qu’aucun membre de l’opposition ne dégage l’image d’un leadership pour se voir confier les clés de Beit Salam. C’est pour quoi le dictateur est toujours là. Si non la crise Mahoraise aurait dû lui faire sortir du fauteuil du président. Bien-sûr, Salami est un jeune brillant certes, mais il a deux handicap majeurs.
    D’abord, il est méconnu internationalement. Or, dans ce monde menaçant, les dirigeants des petits pays doivent être sculptés à la loupe.
    Ensuite, il est considéré comme immature et peut-être incontrôlable. C’est ainsi que son avenir politique nationale pourrait être compromise

    Tout cela doit être pris au sérieux car, nous étions les premiers à prédire le divorce entre SAMBI et AZALI. Car, on peut trahir une personne mais on ne trahit pas un peuple. En effet, les conséquences deviennent lourdes de sens.

    Bref, Azali assoumani Mugabe sera toujours président tant qu’il n’ y a pas une alternative crédible. La crise Mahoraise aurait dû être exploitée par l’opposition pour mettre fin à la dictature du despote.
    De plus, Azali assoumani Mugabe est un stratège, s’il a réussi à rouler l’homme religieux, ce n’est pas un hasard. Il vous faut de la ténacité et de l’intelligence pour y arriver.

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