Communiqué du CNT sur l’état de santé de Sambi

Moroni le 13 août 2019

Communiqué du CNT (Etat de santé des détenus)

Le mercredi 7 août l’avocat de l’ex-président Sambi, Me Mahmoud Mohamed, a informé le public lors d’une conférence de presse que « son client est gravement malade et pourrait nécessiter une évacuation d’urgence » à l’étranger pour se faire soigner.

Le 7 et 8 août le Gouvernement a envoyé les médecins Ben IMANE et Said MOUSSA, lesquels ont effectué des prises de sang au niveau fémoral, qui serait non recommandé en dehors d’un établissement hospitalier et ce sans l’avis de ses médecins traitants. La famille s’en alarme et « refuse toute intervention médicale chez notre parent avant l’avis préalable de lui-même et de sa famille », selon un communiqué familial. À lire aussi👉http://www.comores-infos.net/le-petit-frere-damine-souef-remet-en-cause-la-veracite-de-la-maladie-de-sambi/

Le vendredi 9 août, le Gouvernement illégitime par la voix de son porte-parole, Houmed MSAIDIE réplique sans humanité ni mesure, selon les termes suivants : « l’ancien Président Sambi est malade. Seulement, les maladies dont il souffre, il les a contractées bien avant sa détention ». Le CNT dénonce vigoureusement ces turpitudes.

Sans surprise, le samedi 10 août le procureur de la République Mohamed Abdou, sensé appliquer le code pénal, enfonce le clou, en reprenant le rhétorique du Gouvernement, avec des propos un peu nuancés mais signifiants exactement la même chose que ceux de l’exécutif : « l’ancien Président Sambi ne présente pas de signes de détresse pouvant mettre en jeu le pronostic vital immédiat…il doit continuer son traitement sans discontinuité », comme si cela suffisait pour arrêter la dégradation de son était de santé accéléré depuis sa détention.

Le CNT s’allie à l’opinion et à sa famille de manière préoccupante pour demander toute la transparence médicale, examen à l’appui, sur l’état de santé de l’ex-président Sambi. Le CNT exige une contre-expertise médicale effectuée par des médecins indépendants étrangers qui permettrait de rassurer l’opinion sur son état de santé et en finir ainsi avec les controverses qui bouillonnent l’opinion. Et ce, d’autant plus que les témoignages de l’ancien ministre Said hassane Said Hachim devant la notabilité confirme la nécessité d’une solution juste et définitive, permettant à l’ex-président de jouir pleinement de ses droits aux soins de santé conformément à la loi en vigueur, en matière de détention provisoire.

Ainsi, le CNT alerte sur le risque d’une déstabilisation du pays si dorénavant les médecins qui l’ont examiné et les responsables politiques du pays ne prennent leurs responsabilités rapidement au lieu de continuer à alimenter la suspicion et entretenir le doute sur cette affaire médicale gravissime. Un crime pour non-assistance en personne en danger pourrait être retenu contre eux à l’avenir si un malheur arrivait.

Le CNT tient à rappeler, qu’habitué aux prises d’otage politiques, ce régime n’est pas à sa première tentative de violation de la loi et des procédures judiciaires contre ses opposants. D’autres victimes périssent dans les geôles sans jugement ni visibilité sur leur état de santé : Le gouverneur légitime Dr Salami, Idi Boina, Saleh Assoumani, Chamsoudine Soundjay et tant d’autres captivés…en sont les parfaites illustrations, dans une liste longue d’une cinquantaine de détenus ou captivés, jugés ou non.

Le CNT se joint à l’opinion pour féliciter tous les otages politiques et leurs familles, enfin libérés par une décision du ravisseur le 10 août 2019, après avoir été condamnés par une cour de sureté inexistante dans l’organisation judiciaire de notre pays. C’est une victoire pour tout le peuple comorien, plus particulièrement la diaspora dans sa lutte pour la démocratie et l’Etat de droit.

CNT, Mouigni Baraka Said Soilihi, Moroni le 13 août 2019

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