« Comores Infos à la rencontre des étudiants comoriens du monde »: Cette semaine, nous rencontrons Said Hachim Abachia

Said Hachim Abachia
 Said Hachim Abachia
Said Hachim Abachia

Dans le cadre de notre initiative « Comores Infos va à la rencontre des étudiants comoriens du monde entier », cette semaine, nous rencontrons Said Hachim Abachia.

Comores Infos : Bonsoir ! Comment allez-vous ?

Said Hachim Abachia : Je vais bien merci. Permettez-moi de saisir cette occasion pour souhaiter un bon mois de Ramadan à tous les musulmans d’ici et d’ailleurs. Je vous remercie de m’avoir donné cette opportunité surtout que je suis la première personne qui ouvre cette série d’entretiens avec les étudiants.

Comores Infos : Présentez-vous brièvement à nos lecteurs.

S.H.Abachia : Je suis comorien originaire de Ouani Anjouan. J’ai eu mon bac en 2002 et j’ai suivi une formation en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Je me suis inscris en thèse de doctorat avant d’abandonner pour saisir la chance de fréquenter l’ENA de Dakar en 6eme année de diplomatie.

Comores Infos : Vous avez fait un DEA en sciences politiques et maintenant vous faites de la diplomatie, peut-on connaitre vos motivations ?

S.H.Abachia : Depuis tout petit, j’aspire à devenir professeur d’université ou bien diplomate. J’estime que la diplomatie comorienne rencontre des problèmes liés surtout au manque de ressources humaines. Ainsi, j’ai pris l’initiative de faire de la politique, en particulier de la diplomatie, pour être au service de la diplomatie comorienne. Je suis formé à l’ENA pour être au service de l’Etat comorien.

Comores Infos : Vous avez pratiquement terminé votre formation. Quels sont vos projets professionnels ?

S.H.Abachia : En effet, d’ici quelques mois je vais rentrer. La première chose à faire est de m’insérer au niveau des affaires étrangères, apprendre de ceux qui sont présent pour être au service de la diplomatie comme j’ai eu à l’expliquer.

Comores Infos : Justement, nombre sont les étudiants qui préfèrent partir en France sous prétexte qu’il y a le chômage et la corruption.

S.H.Abachia : Mais le chômage et la corruption sont partout. Je pense qu’une fois qu’on a bénéficié d’une formation de qualité, le travail ne se fera pas tarder. En ce qui concerne la corruption généralisée, seuls nous pouvons la combattre. Il y ceux qui s’adonnent à la corruption et ceux qui n’y sont pas mêlés. En tout cas, personne ne viendra développer notre pays. Il faut que nous unissions nos forces pour le faire. J’appelle ceux qui préfèrent partir en France à venir bâtir avec nous notre pays parce qu’il est inconcevable qu’ils fassent des études et qu’après ils mettent leurs différentes qualifications dans les valises pour travailler dans des domaines complètements différents des études qu’ils ont suivi.

Comores Infos : Les gens vous cataloguent comme étant un fervent « Sambiste ». Que pensez-vous des dernières rumeurs qui font état de son éventuel retour sur la scène politique ?

S.H.Abachia : Je connais Sambi personnellement mais par des liens de parentés et de relations personnelles. Par contre, politiquement, je ne fais pas parti de ses supporteurs. Après, pour ce qui est de son retour, il a le droit de le faire.

Comores Infos : Pour en revenir aux étudiants, dernièrement, la communauté estudiantine comorienne a vu avec stupéfaction la révélation de malversations au sein de l’amicale.

S.H.Abachia : Je n’ai pas les éléments idoines pour constater la véracité de ses allégations. Ainsi, je vais m’abstenir de parler de cette histoire que je ne maitrise absolument pas.

Comores Infos : Vous avez vécu pas mal de temps au Sénégal. Pouvez-vous nous dire à quel point la vie de l’étudiant comorien a changé ?

S.H.Abachia : Oui, c’est une question pertinente parce qu’en effet, la vie à Dakar en général et celle  du Comorien de Dakar en particulier a énormément changé. Elle est vraiment copieuse et demande des moyens considérables pour y survivre. Actuellement, si tu te trouves avec 200euros par mois, tu galères considérablement surtout pour ceux qui fréquentent les écoles de formations privées. Il leur faut au minimum 300 euros mensuels. Personnellement, je déconseille aux parents d’envoyer leurs enfants ici parce qu’ils souffrent le martyre.

Comores Infos : Avez-vous des précisions particulières ou informations à transmettre ?

S.H.Abachia : Je voudrais revenir sur le cas de nos frères qui partent en France travailler dans des domaines qui leurs sont étrangers plutôt que de rentrer au pays après leurs études. Les Comores nous appartiennent et personne ne viendra changer quoique ce soit à notre place. J’estime que si on a reçu une formation adéquate, qu’on a fréquenté les établissements appropriés, on ne peut pas rester en inactivité pour longtemps. Ce chômage existe partout dans le monde mais ce sont les qualités et compétences des ressources humaines qui peuvent y remédier. Ainsi, une fois qu’on décroche un travail, on doit faire la différence et faire bouger les choses. Que nos compatriotes reviennent parce qu’ensemble, on peut inverser la tendance.

Comores Infos : Enfin, que pensez-vous de cette initiative de Comores Infos d’aller à la rencontre des futures cadres de demain ?

S.H.Abachia : Je loue cette initiative. Elle est à encourager et à persévérer dans la mesure où elle met en lumière les pensées, projets, attentes et aspirations des étudiants. Elle permet à tout un chacun de s’exprimer. Mais il faut veiller à ce que cette rubrique ne devienne un lieu de règlement de comptes et d’insultes.

Pour participez à l’émission veuillez envoyer votre demande par email : contact@comores-infos.net

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