Conférence au Campus de Mvuni : Comores Télécom attaque sur plusieurs fronts

«Nous avons vu le sort réservé aux entreprises nationales telles que Scopotram, Air Comores et la Pnac, Comores Télécom ne sera pas la suivante malgré la malveillance de la Banque mondiale et du Fmi. Ces institutions ne visent qu’un seul objectif, fermer notre entreprise nationale au profit de l’étrangère», s’est ainsi emporté le secrétaire général du syndicat des travailleurs de Comores Télécom, Moustoifa Said Hassane.

Par Mohamed Youssouf

Comores Télécom n’en démord pas et ne compte surtout pas rebrousser chemin ! C’était dans une ambiance surchauffée que la société publique  faisait face, hier en mi-journée, aux étudiants de l’Université des Comores sur le campus de Mvuni. Cette rencontre initiée par la coopérative des étudiants, portait sur «l’ouverture du secteur des tics aux Comores : que réserve le processus actuel sur le développement économique et social ?» Dans les faits, la conférence consistait à expliquer l’importance des nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais aussi et surtout, revenir sur le processus actuel, source d’un bras de fer opposant Comores Télécom à plusieurs structures, dont Telma, Anrtic, Comores câbles et, désormais, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi).

«Si Comores télécom ferme, ce sont vous les responsables de demain qui allaient hériter d’une situation catastrophique pour le pays. Avec plus de 2.600 agents, ce sont vos pères, mères, frères et sœurs, oncles ou parrains qui se retrouveraient au chômage.

Par conséquent, la disparition de Comores Télécom impactera forcément sur vos inscriptions, vos moyens de transport, vos quotidiens en somme», s’est ainsi défendu Soilihi Hassane, cadre ingénieur de l’opérateur historique. Bien que le président de la coopérative des étudiants, Toiouilou Ahamada Youssouf, juge «incontournable la société nationale de télécommunications dans le développement économique et social» des Comores, nombreux de ses camarades abondaient dans l’autre sens. 

La Banque mondiale et le Fmi jugés nuisibles

Ainsi, l’étudiant en licence III de géographie, Kaambi Ali, se demande «où est-ce que Comores Télécom était lors des signatures et pourquoi avoir attendu jusqu’à maintenant pour mener un tel combat ? ». Pour le secrétaire général du syndicat des travailleurs de Comores Télécom, Moustoifa Said Hassani, «nous avons vu le sort réservé aux entreprises nationales, telles que Scopotram, Air Comores et la Pnac, Comores Télécom ne sera pas la suivante, malgré la malveillance de la Banque mondiale et du Fmi. Ces institutions ne visent qu’un seul objectif, fermer notre entreprise nationale au profit de l’étrangère».

Le ton était donc donné d’emblée.Les agents de la société des télécommunications ne comprendraient pas qu’«une société, en l’occurrence Sfr, propose 15 milliards de francs et les autorités d’alors choisissent Telma et ses 7 milliards».Revenant sur la récente désactivation de la capacité de Comores Télécom sur le câble eassy, la chef du département infrastructures sous-marines et satellitaire, Zainaba Mmadi Mnamdji, estime que «les agissements de Telma» restent en travers la gorge de leur société.

«Sur la coupure, seule une entreprise possédant 40% dans une filiale pouvait demander une sanction contre un opérateur faisant partie des 28 membres qui composent le consortium Eassy. Vérifications faites, Telma ne possèdent que 28% dans la société Telco. Pire encore, tout le monde sait qu’au moment de la plainte de Telma ayant occasionné la désactivation de notre capacité, la licence de Telco n’avait même pas une année alors que Telma prétexte un différend qui dure plus d’un an», expliquait-elle.

À l’en croire, en outre, le patron de Telma Patrick Alamida aurait conseillé à Comores Télécom de refuser le transfert de ses câbles vers Comores câbles avant de rebrousser chemin et soutenir la Banque mondiale et le Fmi.A comprendre les propos des conférenciers, la société nationale Comores câbles ne serait que la conséquence d’«un coup orchestré par la Banque mondiale et le Fmi pour en finir avec Comores Télécom».

Alwatwan 

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