Conflits d’Ikoni : La ville est à la fois calme et triste

Ikoni

“Ils ont décidé de nous exclure du “Mawulida ya Mdji” et nous avons décidé de tout saboter“. Un jeune homme âgé d’à peine 20 ans, que nous avons croisé dans le quartier de Mrambwani, livre ainsi sa version de l’origine des troubles du samedi 26 janvier dernier. Ce jeune garçon explique le comportement violent des uns par la manifestation de “mépris” des autres.

“C’est comme si les deux quartiers (Harimwamdji et Mradju, Ndlr) cherchaient à nous exclure d’Ikoni mais ils ne pourront jamais”, insiste-t-il. A la suite des échauffourées qui ont opposé, pour la deuxième fois en deux mois, des quartiers d’Ikoni (Mrambwani et Harimwamdji principalement), la ville est sous couvre- feu à partir de 20 heures. Depuis dimanche 27 janvier, les éléments de l’Escadron quadrillent la ville.

“J’ai des hommes dans tous les coins et pour le moment la situation est calme“, a confié le sergent-chef Farid Mze de l’Escadron de Moroni. Pourtant, beaucoup d’habitants pointent du doigt le retard de l’intervention des forces de l’ordre. “Nous avons alerté la gendarmerie depuis 17h30. Ils sont venus le lendemain matin pour constater les dégâts“, a affirmé un habitant.

Dans le cœur d’Ikoni la célèbre et mythique place Funihaziri, remplie de gravats, a été le théâtre de dégâts matériels importants. “Je ne vois pas l’importance, ni la logique de s’attaquer à des symboles touristiques et archéologiques“, s’insurge un habitué de ce carrefour. Il regrette, par ailleurs, la destruction du panneau qui marque le meurtre d’un jeune homme, le 16 août 1996.

“Comment voulez-vous que le calme revienne. On a détruit et voler nos biens. Il n’y aura pas de paix si dans les deux côtés les gens ne sont pas entendus par la justice et jugés’’, lance-t-il. Selon toujours des jeunes garçons rencontrés à la place Funihaziri, lors des premiers événements en décembre 2012, les deux quartiers avaient signé un pacte qui consistait à livrer à la police les fouteurs de troubles présumés.

“Sur une liste de vingt-trois recherchés, seuls deux ou trois ont été entendus par la justice“, disent-il, affirmant avec certitude que “ces gens là sont pourtant là, nous les connaissons et ils sont là avec nous“. Selon toute vraisemblance, la plaie des dégâts matériels de décembre 2012 n’a pas eu le temps de cicatriser au sein des esprits. Une vieille dame est revenue sur l’horreur le jour où sa maison a été brûlée.

“J’ai pu sortir avec mon mari in extremis pour rejoindre la famille, située non-loin de ma maison. Le matin, on m’a appris que ma maison était brûlée. J’ai remercié le bon Dieu pour m’avoir laissé la vie sauve”, dit Fatima Ipvéssi. Le déchirement semble profond et le moindre conflit est susceptible de déclencher des troubles violents. Un septuagénaire montre, dans ce sens, que son quartier a tout simplement décidé de ne plus rien avoir de commun avec l’autre quartier.

“Nous avons mobilisé beaucoup d’hommes pour sécuriser le Mawulida, ils ont profité pour détruire nos biens“, confie-t-il. Il avoue vivre, aujourd’hui, dans l’angoisse permanente. “Au moindre bruit, les gens disent qu’on nous attaque. Ceux qui font ces dégâts ne vont pas se rendre, il faut les chercher“, déclare-t-il. Nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que pour retrouver la paix, l’Etat doit s’efforcer à rendre justice et surtout à trouver les moyens pour indemniser les victimes.

 

Toyb Ahmed

Alwatwan

1 commentaire sur Conflits d’Ikoni : La ville est à la fois calme et triste

  1. à près lecture de cet article tout esprit doté d’un minimum de bon sens reste sans voix,car si l’origine de cette folie meurtrière est celle decrit ici le mot conflit n’a pas son sens car il faudrait pour cela qu’il ait deux belligerants il n’en est rien ici, ce que des Iconiens.Nous autres esprits simple, sommes en droit de nous demander où est passée la classe intelectuel dont Iconi est doté en très grand nombre pour apporter de la rationalité dans tout ça? Et les notables d’Iconi? Bref dans ce maelstrom KO inommable qui laisse des pans entiers de la population dans la desolation, la question est:qui gère le quotidiens de la mégapole-ville d’Iconi? les pseudos autorités Comoriennes quant à eux ils ont une excuse bien connu, elles ne sont pas là pour la population chacun est preocupé par son sort personnelle et comment il ou elle mais surtout il, va faire le grand coup lui permettant d’etre riche d’un seul coup!Donc la detresse de la population de la ville d’Iconi leur parait quelque chose d’exotique…

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