Construire un avenir positif pour la pêche à Anjouan

Souvenez-vous, Dahari s’est lancé en octobre dernier dans une nouvelle mission : celle de la pêche et plus précisément de la gestion marine sur l’île d’Anjouan – en partenariat avec Blue Ventures.

Ce programme, que nous allons vous décrire ci-dessous, est financé par the Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF)

Contexte comoriepeche-ilen

Les Comoriens, en grande majorité, vivent de la pêche malgré de profondes difficultés : nature capricieuse, marchés instables et infrastructures insuffisantes. Ici, tout le monde peut devenir pêcheur ou s’improviser pêcheur le temps d’un week-end, d’un mois etc. À Anjouan, il n’est pas rare d’avoir plusieurs métiers simultanément pour pouvoir gagner sa vie.
C’est dans ce contexte que Dahari a monté son équipe pour construire un avenir positif : assurer la durabilité de la pêche et les revenus générés tout comme la conservation de la biodiversité marine comorienne.

Point de départ du projet : Bimbini, un village à l’ouest de l’île.

Les études et le suivi* ont été faits sur place début 2015 ; la seconde restitution est en cours de finition.
Pendant le suivi de pêche, les équipes sont sur place et surveillent l’arrivée des pêcheurs pour être là au moment où ils déchargent le bateau.
S’en suit après la pesée par espèce et la mesure de quelques échantillons de chaque espèce.
En parallèle, les équipes se renseignent sur les techniques utilisées, sur les zones de pêche, les heures et le type de pêche (au large ou côtière), la méthode d’embarcation (pirogue, à pied ou vedette), le temps passé en mer. La même opération se répète à chaque nouvelle arrivée.

En moyenne, les équipes Dahari suivent une dizaine de pêcheurs par jour de terrain et les espèces les plus représentées restent le thon et la bonite.

En matière de pêche et d’espèces identifiées, il existe une forte saisonnalité due aux changements de saison (humide de novembre à avril et sèche de mai à octobre), c’est pourquoi le suivi doit se faire sur plusieurs mois.

L’objectif ici est de mieux comprendre l’état actuel de la pêche et d’identifier des pistes pour la gestion. Le poids et la taille des poissons vont nous aider à savoir s’il y a surpêche ; quant aux autres données, elles vont nous permettre de mesurer l’effort, c’est-à-dire le temps passé VS le nombre de poissons pêchés.

Toutes ces informations seront restituées auprès de la communauté afin de faire le point sur la situation et de se décider sur les étapes d’amélioration de la pêche.peche-anjouan

Focus sur les études menées

Après un an complet de données collectées à Bimbini, les équipes ont migré à Vassi pour pouvoir continuer le travail entrepris depuis octobre dernier. L’équipe de 4 personnes assure le suivi de pêche 2 fois par semaine et travaille également en étroite collaboration avec la communauté du village (pêcheurs compris) via des études sociologiques et écologiques.

Le volet sociologique de ces rapports sert avant tout en interne et aux équipes sur place pour mieux comprendre le contexte dans lequel elles arrivent, les pratiques de la communauté, les hiérarchies au sein du village et les attentes globales.

Quant au volet écologique, il permet de faire un point global sur l’état actuel des récifs et autres écosystèmes marins.

Concrètement ?

peche-comoresLes communautés ont déjà fait des efforts pour la gestion, comme par exemple l’interdiction de la pêche au filet à Vassi.
Comme le rappelle Sarah Freed, il s’agit avant tout d’un travail d’accompagnement : Diriger la gestion sans l’accompagnement communautaire, en interdisant par exemple la pêche dans des zones protégées, va plutôt créer des frustrations et des incompréhensions. Il faut travailler avec les pêcheurs, les écouter et les accompagner pour trouver des méthodes innovantes, valoriser l’expertise traditionnelle, les aider à répondre à leurs interrogations et ainsi améliorer leur quotidien en mer et leurs rendements.

À Anjouan, il n’y a pas encore eu de réalisations concrètes puisque l’heure est à la récolte des données et à l’analyse mais les exemples concrets sont nombreux. C’est le cas de notre partenaire Blue Ventures qui a pu mettre en place un système de pêche en clôture pour les poulpes sur l’île de Madagascar permettant de mieux préserver l’habitat. Au-delà de ce projet de protection, le travail de Blue Ventures est très étendu et bien d’autres systèmes innovants et respectueux de l’environnement ont été mis en place.
Une visite d’échange est d’ailleurs en préparation pour 2017 entre les pêcheurs d’Anjouan et les équipes de Blue Ventures. L’équipe écologie de Dahari attend beaucoup de cette visite, notamment pour trouver des pistes sur la gestion communautaire.

DahariComores

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