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« Contrevérités ». Aboudou Soefo déchiquète l’interview d’Azali sur « Afrique La Tribune »

« Interview du Chef de l’Etat à La Tribune Afrique : contrevérités et assertion irrecevable envers les Anjouanais.

Avant-propos : le combat contre la dictature et pour le retour de la démocratie et de l’Etat de droit ne doit pas nous désengager du nécessaire regard exigeant face à la conduite des affaires de l’Etat par l’équipe au pouvoir. C’est pour cette raison que je me fais le devoir de réagir à tout manquement observé ici et là de sa part.

Venons-en à l’interview.

D’abord les contrevérités :

1/ le choix d’un président par une partie de la population est quelque chose d’inédit, affirme le Chef de l’Etat. Mais l’élection du Président de la République suivant la procédure d’une élection primaire préalable n’a jamais dépouillé le peuple de droit de participer au choix de celui à qui il confie les destinés du pays. Il est vrai que la réforme initiée lors du scrutin du 24Mars 2019 apporterait plus de légitimité au vainqueur. Encore faut-il que le scrutin soit régulier.

2/  » Que peut-on faire avec un mandat de 5 ans non renouvelable ( entendons, immédiatement), soutient-il. Mais se porter candidat est un choix volontaire. Moi, j’ai milité pour un seul mandat de 7 ans. Non renouvelable donc.

Des mandats non renouvelable du tout ou immédiatement, ça existe dans le monde contrairement à ce que certains font croire.

Le Chili: non renouvelable immédiatement

Mexique : pas renouvelable du tout

Philippines : pas renouvelable.

Bosnie-Herzégovine : un triumvirat dans lequel les trois présidents ,un serbe, un croate et un bosniaque, sont élus chacun par leur communauté. Ils se relaient tous les 8 mois pour un mandat de 4 ans.

C’est donc une question de souveraineté. Cette souveraineté que les lettrés en Droit Constitutionnel définissent comme étant la compétence de la compétence.

Il y a lieu également d’observer que les états qui retiennent le mandat non renouvelable sont des états dont la population à connue une expérience de dictature féroce par le passé .

3/  » Nous n’avions aucune relation avec l’Iran avant 2006. C’est Sambi de part sa formation dans ce pays « , à également soutenu le Chef de l’Etat. C’est une contrevérité . Sous la présidence du Président feu SM Djahar, il y avait de bonnes relations avec l’Iran. Une forte délégation iranienne a été accueillie à Moroni en 1991 et le Président Djohar s’est rendu en Iran en 1993. D’ailleurs c’est cette visite suivie de celle de Tripoli lors de la fête de l’indépendance de la Libye ( au cours de laquelle les drapeaux des puissances occidentales ont été foulés par terre) que le feu vert à été par la DGSE à Bob Denard pour son coup d’Etat de 1995.

L’assertion envers les Anjouanais.

 » S’il se trouve que 90 pour cent du pétrole comorien sont localisés dans les abords d’Anjouan, croyez -vous qu’on puisse empêcher Anjouan de déclarer son indépendance ? « . Cette assertion est irrecevable. Elle est indigne et constitue un dérapage grave de la part du Chef de l’Etat. À lire ici l’interview d’Azali👉http://www.comores-infos.net/azali-nous-ne-sommes-pas-lalgerie-de-lindependance-pour-oser-affronter-la-france/ . L’adhésion de nos frères et soeurs Anjouanais à l’unité nationale n’est pas aussi mercantile. Malgré les égarements épisodiques observés chez certains parmi eux, l’unité nationale est une affaire de coeur pour la majorité. Ce sont les comportements répressifs et vexatoires entretenus contre eux, comme c’est le cas en ce moment, qui ravivent les velléités séparatistes »

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