Corruption : Fifa, Fédérations et l’Interpol Loyauté dans un sport non corrompu

Après Amérique du Sud et Asie, la Confédération de Football de la zone australe vient de tenir en Afrique du Sud en août dernier, son 1er séminaire sur l’intégrité dans le sport. La Fifa fait de la lutte contre la corruption une priorité, avec l’implication de l’Interpol. Ce fléau (matches arrangés, buts imaginaires, arbitres achetés, élections truquées, etc.) existe dans l’Archipel. Mais sans la matérialité des faits, une politique d’éradication serait vaine.

Quatorze pays ont animé cette conférence, organisée sous forme d’ateliers. La Fédération Comorienne de Football a été représentée par le Vice-Président Issouf Ali Djae. « La Fifa est préoccupée par les fraudes, tentatives de corruption et autres fléaux qui gangrènent le sport en général, et le Football en particulier », explique ce juriste sportif. La falsification de l’âge, les dossiers antidatés ou les scores négociés sont quasi monnaie courante lors d’une Coupe du monde, d’un Mondial des jeunes, etc.

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Cette manœuvre de duperie existe depuis belles lurettes. Nous ne citons que celle planifiée pour disqualifier l’Afrique, lors du Mondial de 82 en Espagne après la victoire d’Algérie (2/1) sur l’Allemagne. Pourquoi aujourd’hui la Fifa implique l’Interpol (Police internationale) dans sa lutte contre la corruption ? Cette vive préoccupation de la Fifa avait fait l’objet d’un grand débat lors du congrès international tenu à Budapest vers le début de l’année.

Dénoncer sans accuser !

Dans cette politique d’intégrité dans le sport, chaque fédération doit élaborer des textes, servant de charte d’éthique et de code de de bonne conduite. « La lutte contre la corruption est primordiale. C’est pourquoi l’implication des auxiliaires de justice (Police, Gendarmerie, etc. est indispensable », ajoute le vice-président. Ce fléau qui gangrène le sport existe dans tous les pays, riches ou pauvres. Même aux Comores ? Hésitation suivi d’un petit sourire, Issouf réagit : « Nous en sommes conscients. Et j’atteste que le fléau existe aux Comores. Comment le prouver ? Ici, les gens se plaignent sans dénoncer et souvent accusent sans fournir des preuves tangibles. Dans de telles situations, il est difficile de combattre le fléau s’il n’y pas de réelle coopération entre tous les acteurs du football », regrette l’élu de la fédération. Autrement dit, l’éradication de la corruption nécessite la mobilisation de toute la communauté sportive. « C’est une coopération franche entre l’Etat et la communauté footballistique », suggère Djae.

Corrompre des votants

L’absence de matérialité des faits embrouille les investigations, voire bloque les dossiers. « Sans preuves palpables, nous sommes contraints de nous remettre à Dieu, en organisant une cérémonie de Hitima (lecture du St Coran en guise de plainte à la Divinité) ». Aux Comores, la corruption se caractérise par des matches truqués, des scores négociés, des arbitres engraissés, et dans les élections des membres des instances, achat des voix etc. Dans cette sorte d’assignation à Dieu, les éléments de l’axe central d’une corruption, avérée ou supposée, sont pleinement impliqués. Il s’agit des dirigeants, des joueurs, des arbitres et des Officiels de la fédération, les diverses commissions techniques et spécialisées des Districts, des Ligues et de la Fédération. Hélas ! Une maladie encrée dans le sang est-elle guérissable ? « Pourquoi pas à travers de vives campagnes de sensibilisations ? Je suis optimiste », conclut notre interlocuteur.

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