Crc : le feu couve sous la cendre

Une crise latente sévirait au sein de la principale formation au pouvoir. En toile de fond, une fronde qui serait menée par le docteur Hamidou Karihila, ancien secrétaire général du parti et secrétaire d’Etat en charge du Monde arabe. Le camp adverse, qui aurait la bénédiction du chef de l’Etat, regroupe d’illustres figures de la Crc telles que Maoulana Charif, vice-président de l’Assemblée nationale, Chatuir Mohamed El-Badaoui, patron de la Sch, ou encore le tout puissant secrétaire général du gouvernement, Idarousse Hamadi. L’entrée supposée d’Abdou Soefo au gouvernement serait, entre autres, à l’origine de cette crise.

Par Faïza Soulé Youssouf

Comment cela se fait que vous ayez confié l’intérim  du parti à Ali Mhadji sans daigner m’en avertir ? – Comment  avez-vous pu vous entretenir avec Aboudou Soefo et Ali Msaidie sans même m’en informer ? Cette conversation aurait eu lieu entre le président de la République et son secrétaire d’Etat en charge du Monde arabe, Hamidou Karihila.

Elle illustre la (mauvaise) qualité des rapports entre les deux hommes. Ni Said Abdallah Cheikh Soilihi, conseiller privé du chef de l’Etat, ni Idi Boina, secrétaire général du ministère des Finances, ne confirme, cependant, le contenu de ce supposé entretien téléphonique.

Ils ne voient pas d’un mauvais œil cette ouverture politique que le président Azali s’apprête à opérer.«Il est le président de tous les Comoriens ; il a la latitude de recevoir tous les citoyens et de nommer tout Comorien qui pourrait l’aider dans la réussite des missions qu’il s’est fixées» fera savoir Idi Boina.

Quant à Said Abdallah Cheikh Soilihi, qui a rencontré l’ancien leader du Front démocratique «plus d’une fois », tous les partisans de la Crc sont au courant de ce rapprochement. «C’est moi qui ai été chargé de convaincre Abdou Soefo de nous rejoindre. Tout le monde semble être d’accord.

Nous ne pouvons pas conquérir le pouvoir et être hermétiques. Que l’on n’ait pas soutenu le président lors des élections n’est pas pour moi un critère de rejet définitif», explique-t-il. Abdou Soefo, l’ancienne bête noire de la Crc, fait aujourd’hui vaciller le parti présidentiel.

Certains proches de Hamidou Karihila dénoncent «l’humiliation» que Beit-salam ferait délibérément subir à l’ex-candidat à l’élection du gouverneur de Ngazidja. «C’est pourtant lui qui a tenu tête à Msaidié. En plus de se voir attribuer un sous-ministère, on vient de le torpiller avec la nomination Yahya Mohamed Iliassa au poste de conseiller du président en charge du monde arabe», regrette un responsable de la Crc.

Division en deux clans ?

Juste après cette nomination, Ali Mhadji, député de Hambu, s’est vu confier l’intérim du secrétariat général du parti. Ce qui aurait agacé le chef de l’Etat. «Faux. Ce choix a réjoui beaucoup de gens», dit le secrétaire général au ministère des Finances.

Et d’ajouter : «Nombreux sont ceux qui plaçaient quelques espérances en ce pouvoir et qui sont pour l’instant déçus. Cela ne veut pas pour autant dire qu’ils quitteront la Crc. Surtout que je suis sûr d’une chose, quels que soient les problèmes auxquels nous sommes confrontés, nous saurons toujours nous retrouver».

Pour lui, «la principale mission de Ali Mhadji est de rassembler et d’assurer la cohésion du parti, je le soutiens à 100%.» La question serait de savoir rassembler autour de qui ? La principale mission de Ali Mhadji étant plutôt d’organiser un congrès «dans les plus brefs délais».

Peut-on aujourd’hui dire que la Crc est divisée en deux clans ? Non, répond Said Abdallah Cheikh Soilihi. Idi Boina, lui, confirme l’existence de ces deux courants antagonistes. «Il y a le camp de Karihila, que je soutiens activement», dit-il. Et celui qui serait mené par Maoulana Charif.

Le cas de Chatuir Mohamed El-Badaoui nourrit la chronique. Issu de la même ville que Karihila, il serait de l’autre côté. L’homme est considéré comme l’une des pièces maitresses du camp d’en face. Idi Boina le confirmera en des termes sibyllins : « Le patron des Hydrocarbures a toujours été l’homme fort du régime.  Sa nomination prouve le degré de confiance que le président éprouve à son endroit. Le fait qu’il soit tous deux de la même région exacerbe la rivalité naturelle entre deux hommes de pouvoir».

Alwatwan 

1 commentaire sur Crc : le feu couve sous la cendre

  1. Ces chienlits auront des comptes à rendre au moment venu.

    AZALI et ses gangsters sont les principaux criminels de ce petit état. Rien ne justifie leurs gabegies financières dans un pays où il faut faire la manche pour payer les fonctionnaires.

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*