Crise à Mayotte: Les élus de la nation appellent à un front commun

En pleine crise diplomatique entre Moroni et Paris, le gouvernement comorien reçoit le soutien de l’ensemble des élus de la nation. Dans une déclaration remise hier jeudi, au ministre des affaires étrangères, ces élus appellent à un front commun pour défendre l’unité et l’intégrité territoriale de leur pays.

Après le soutien affiché par les élus de la nation à la décision du gouvernement comorien relative au refus d’accueillir des refoulés de l’île de Mayotte, un mémorandum a été remis par ces mêmes élus au ministre des affaires étrangères lors d’une audience accordée dans l’après-midi d’hier jeudi. Dans cette déclaration, ces élus déplorent « le fait que des hommes politiques français au lieu d’encourager cette voie d’apaisement, se livrent à des propos polémiques qui ne font qu’envenimer la situation ».

Les élus de la nation demandent au gouvernement comorien d’engager « toutes les démarches nécessaires auprès de l’organisation des Nations Unies afin de réinscrire la question de l’île comorienne de Mayotte à l’ordre du jour des débats de son assemblée générale, de demander à l’Union Africaine de s’en ressaisir et réactiver le Comité de sept ». La même démarche devrait être menée auprès des autres organisations telles que la Ligue des Etats arabes, l’organisation internationale de la francophonie, la Conférence islamique et l’Union Européenne.

« Nous demandons instamment la suppression du visa Balladur qui constitue une atteinte grave au droit humanitaire et qui est responsables des milliers de morts dans le bras de mer qui sépare l’île comorienne de Mayotte des autres îles », a-t-on noté. « Il convient encore une fois de lancer un nouvel appel à la France à engager résolument avec notre pays un dialogue franc, sincère et constructif (…) afin d’instaurer un climat de paix et de stabilité propice au développement socio-économique de cette région du monde », peut-on lire dans ce document.

« Je me retrouve parfaitement dans cette déclaration. Ce qui a été dit, rejoint mes réflexions étant un citoyen, étant un chercheur qui a écrit beaucoup d’œuvres sur cette question », rétorque Mohamed El Amine Souef ministre des affaires étrangères. Le chef de la diplomatie comorienne laisse entendre que c’est la position qui a été défendue par ses prédécesseurs notamment Mohamed Bacar Dossar.

« De ce qu’il en est ressorti de cette déclaration, nous distinguons entre la polémique créée, relayée par des médias français. Nous avons donc répondu. Car quand quelqu’un marche sur ton pieds, la moindre chose c’est de lui dire de lever son pied », a-t-il indiqué. Et M. El Amine Souef d’ajouter que toutefois ils n’ont pas fermé toutes les portes, demandant un dialogue sincère et franc avec le gouvernement français.

« On a entendu que le gouvernement français prendra des mesures. Mais nous avons voulu leur rappeler que les Comores ne sont pas un département ni une province française. C’est un pays indépendant souverain depuis les 6 juillet 1975 », a-t-il fait savoir. « Nous sommes un petit pays mais d’ores et déjà dans cette guerre, nous avons gagné la bataille parce que cette crise est mondialement médiatisée. Par cela, nous avons réussi à donner à cette question une visibilité à travers le monde », a-t-il soutenu.

Maoulida Mbaé/LGDC

Encadré

Paris suspend la délivrance des visas diplomatiques

Le ministre Mohamed El Amine Soeuf a confirmé devant la presse la décision des autorités françaises de suspendre les visas diplomatiques et officiels. Une décision perçue à Moroni comme une mesure de représailles en réponse au refus du gouvernement comorien d’accueillir les « refoulés » de Mayotte, notifié la semaine dernière aux compagnies de transport aérien et maritimes sur l’ensemble du territoire national.

3 commentaires sur Crise à Mayotte: Les élus de la nation appellent à un front commun

  1. Pourquoi vous demandez pas être tous français et vivre chez nous en paix? Et qu’ on a les mêmes droits qu’ à Mayotte? Madhoulouma ya madzi

  2. Erreur mon petit monsieur, vous avez choisi l’indépendance et non Mayotte. Bordel, vous êtes trop entêté à revendiquer notre île.

    Que quelqu’un me passe le numéro du monsieur à la grosse tête (soeuf).

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