Crise des ordures à Moroni. L’implication des notables de l’île n’avait pas réussi à apaiser la tension

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Une commission spéciale, composée de notables de Ngazidja, de représentants de la mairie de Moroni et des résidents de la ville, a été désignée hier pour œuvrer en vue de trouver rapidement une solution à la crise des ordures, stockées depuis plusieurs semaines dans des conteneurs entreposés sur le site de l’ancien aérodrome de Moroni. C’est en tout cas ce qui a été retenu à l’issue la rencontre des différentes catégories représentées au sein de cette structure tenue mercredi, au foyer des femmes de Moroni.

Le rassemblement résulte du vent de contestation qu’a connu la capitale la veille, mardi 20 novembre. L’assemblée suggère d’évacuer rapidement les ordures, proposant de les décharger à Itsundzu – le site qui a été retenu depuis un temps pour abriter la décharge avant que les riverains du lieu s’y opposent- en attendant qu’un site soit définitivement désigné pour venir à bout de ce casse-tête, qui dure plusieurs mois maintenant.

La commission est tenue, à cet effet, à rencontrer les autorités du pays, le président de la République et le gouverneur de Ngazidja, en l’occurrence, en vue d’obtenir leur adhésion à cette démarche. Il faudra noter que la rencontre avait surtout comme objectif de chercher une solution pour apaiser la tension à Moroni par rapport à la crise des ordures, devenue un cauchemar pour tous les résidents de la capitale comorienne.

“C’est tout un problème dans la mesure où l’on a l’impression que les autorités ne réalisent pas le danger que ces ordures représentent pour la communauté“, a relevé le docteur Issulah, l’un des intervenants de la rencontre. Et le médecin de rappeler que Moroni est une cité qui accueille tous les Comoriens, une des raisons pour préserver l’environnement de la ville désagrégé depuis quelque temps par les ordures.

Pour l’ancien gouverneur de l’île, le notable Saïd Hassane Said Hachim, la crise des ordures ne sera résolue que si l’Etat s’engage à trouver les moyens de les traiter au niveau des décharges. Autrement, à son avis, aucune région n’acceptera d’accueillir les ordures sur son sol au risque d’exposer sa communauté à des problèmes de santé.

“Nous sommes tous conscients de la problématique des ordures dans la capitale“, devait rassurer le préfet de la région de Hamahamet. Le moins que l’on puisse dire est que les résultats de la rencontre d’hier n’ont pas rassuré tout le monde dans la ville puisque quelques minutes plus tard, des barricades ont été érigées au centre de Moroni. Des femmes de la capitale n’auraient pas apprécié la façon dont le mouvement a été maté et auraient décidé de poursuivre la contestation.

Et dans la foulée, le directeur de cabinet du président de la République chargé de la Défense s’est rendu, sur les lieux, dans l’après-midi, pour prêter une oreille attentive à la communauté de la capitale. Hamada Madi Bolero a promis de donner la réponse du gouvernement, également, cet après-midi. Mais en attendant, les femmes disent maintenir le blocus. A l’heure où nous mettions sous presse, le tronçon “Bulding-café du port” était encore inaccessible au véhicule.

 
Saminya Bounou

Alwatwan

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