Décès de Diguera, la jeunesse et les sportifs comoriens ont perdu un érudit

Mohamed Ali Diguera était un homme de principe et de conviction. Il laisse derrière lui une famille de cinq enfants. Il est un des fondateurs de « Mayecha Bora « un parti politique, courant Soilihiste, que certains qualifient, à tort ou à raison, d’obédience marxiste-léniniste. Il était le maire de son village d’adoption « Kurani ya Sima ». Il a rendu l’âme à Moroni le week-end dernier et a été enterré dans cette même agglomération.

Dans la Grande île, à Diego-Suarez, sur le plan de la Jeunesse, il était membre de Kiady [scoutisme laïc, ndlr]. Et dans le Sport, il était licencié au Coin nord Club de Diego. Il jouait en défense. Il a érigé en credo un système caractéristique. Je cite : « L’homme passe, le ballon reste. Ou vice-versa. Mais jamais les deux. Sinon, pourquoi on m’a confié le poste de défenseur », aimait-il répéter. Quand il a raccroché, il s’est reconverti en encadreur technique.

Sur le plan professionnel, au titre de technicien, il a exercé dans la base navale de Diego. Quand les français et leur société ont été priés de quitter Madagascar par le régime socialiste du président Didier Ratsiraka, la base navale a plié bagage. Les techniciens français, comoriens et malgaches ont regagné une autre base navale, installée à Toulon (France). Piqué par un sursaut patriotique, il rentre définitivement aux Comores. Sur place, il a fondé la 1ère, et à ma connaissance la dernière, une société de rebobinage.

Scoutisme, Wezo Mbeli

Il a continué à militer dans la Jeunesse et le Sport. Il est commissaire et fondateur de Wezo Mbeli, l’Association Nationale du Scoutisme Comorien. Le scoutisme est un mouvement de jeunesse reposant sur l’apprentissage de valeurs fortes, telles que la solidarité, l’entraide et le respect. Son but est d’aider le jeune individu à former son caractère et à construire sa personnalité tout en contribuant à son développement physique, mental et spirituel afin qu’il puisse être un citoyen actif et utile dans la société. Dans le Sport, notamment le football, il est le pionnier des règlements généraux. Il a entraîné Avenir des Comores, et une saison, la sélection de Ngazidja.

Diguera a rendu l’âme, dans la matinée du 17 juin 2018, au domicile de sa fille Dr Saïnda Mohamed Ali, à Moroni. Il est originaire de Chouani. Mais, la prière funèbre a eu lieu dans la capitale et les funérailles à Kurani-Sima (Badjini-Gwengwe). Diguera était un homme de dialogue, de terrain et d’ardeur. La Gazette des Comores présente à la famille ses condoléances les plus attristées.

Bm Gondet / LGDC

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