Décès de la commissaire Echata Attoumani : «On ne peut pas se contenter tout le temps de « Ndizo mgwandzao »»

AU SUJET DES MEDECINS qui opèrent dans le territoire comorien en violation de la loi N° 11-001/Au du 26 mars 2011 portant code de la santé publique, Hair El-Karim Hilali  invite l’Ordre des médecins à travailler de concert avec la police nationale pour traquer ces «twabibu» et mettre fin à «ces pratiques illégales».

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Le directeur national de la sûreté du territoire a annoncé hier, au cours d’une conférence de presse à Moroni, la fin de l’enquête policière ouverte aussitôt après la mort de la commissaire Echata Assoumane et l’ouverture d’une procédure judiciaire. «Nous avons mené une enquête de quinze jours pour déterminer les circonstances de sa mort. Nous allons déférer les résultats aujourd’hui (Ndlr, hier) au procureur pour l’ouverture d’une procédure judiciaire. C’est à la justice et à elle seule de définir qui est coupable ou innocent», a déclaré Hair El-Karim Hilali.

C’est le patron de la Sûreté nationale qui aurait mené personnellement l’enquête, notamment auprès du chirurgien et de l’anesthésiste ayant effectué l’opération chirurgicale, ainsi qu’auprès des proches de la défunte. «On ne peut pas se contenter tout le temps de ‘Ndizo mgwandzao’ pour dissimuler nos erreurs. Cela doit changer», a-t-il martelé. «Ce n’est pas parce que la victime est l’une des nôtres que nous nous intéressons à ce dossier, la police a suivi et suit encore plusieurs affaires de la sorte», a tenu à préciser Hair El-Karim Hilali. A l’en croire, généralement, les enquêtes de ce genre se heurtent à des «pressions d’ordre familial». D’autres problèmes relatifs aux analyses complémentaires ou aux autopsies peuvent aussi interférer.

Au sujet des médecins qui opèrent dans le territoire comorien en violation,semble-t-il, de la loi N° 11-001/Au du 26 mars 2011 portant code de la santé publique, Hair El-Karim Hilali  invite l’Ordre des médecins à travailler de concert avec la police nationale pour traquer ces «twabibu» et mettre fin à «ces pratiques illégales».

Par rapport aux cabinets médicaux privés, il estime que certaines conditions devraient leur être exigées, notamment quand il s’agit de certaines interventions chirurgicales. «On ne peut pas accepter que certaines cliniques fassent des interventions alors qu’elles ne disposent pas du matériel nécessaire», déplore  le chef de la Sûreté du territoire.

Pour rappel, Echata Assoumani, officier de police, est décédée l’après-midi du 24 août dernier alors qu’elle se faisait opérer pour, dit-on, retirer des fibromes. Selon le Conseil de l’ordre des médecins, le chirurgien – un médecin d’origine malgache  – ne bénéficierait pas d’une autorisation d’exercer aux Comores.

Nassila Ben Ali/ Alwatwan

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