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Déclaration : État de droit et respect absolu de la liberté de l’expression de l’avocat et de la défense : cas de Me Mahamoudou

Déjà, en octobre 2018, dans les colonnes d’Al-watwan, en ma qualité de conseil constitué par les plaignants, parties civiles, dans le cadre de la procédure ouverte dans l’affaire de la citoyenneté économique, j’avais vivement exprimé mon indignation quant aux mesures vexatoires et inutiles imposées à Me Mahamoudou, avocat, dans le cadre de sa mission de défense de Monsieur Sambi. J’avais même pris publiquement l’engagement de me solidariser à la moindre atteinte au principe fondamental de libre exercice de Me Mahamoudou – pourtant mon adversaire dans ce dossier- de sa mission et en cas de difficulté pour lui d’assurer à son client un procès équitable. Déjà, les virulents propos tenus contre cet avocat par le ministre de la justice, le porte-parole du gouvernement du colonel Azali Assoumani et le directeur de cabinet de ce dernier constituaient des menaces et pressions intolérables alors que la défense ne faisait que défendre les intérêts de son client.

Les poursuites disciplinaires ouvertes contre lui à la demande du Parquet général démontrent les difficultés du pouvoir du colonel Azali Assoumani à se conformer aux droits de l’homme, aux principes directeurs d’un État de droit et de sa volonté de briser toute forme de résistance à sa dictature et à l’arbitraire. Un avocat n’est pas un fonctionnaire ou un agent de l’État mais un Homme libre, défenseur des droits de ses clients et qui n’a de comptes à rendre qu’à sa conscience. Le régime du colonel Azali Assoumani peut mettre en application son scénario écrit d’avance qui consiste à torturer, humilier et mépriser ses opposants et les défenseurs des droits de l’homme qui, selon sa logique, doivent impérativement se plier au risque d’être cassés. Il doit pourtant savoir qu’il trouvera en face de lui pour résister et le combattre, des hommes, des avocats voués et dévoués pour défendre la dignité du peuple comorien. Aucune logique ne peut justifier que la liberté de parole et d’argumentation de Me Mahamoudou soit remise en cause par le simple fait que ses propos dérangent le régime.

Les restrictions à sa liberté d’expression et les difficultés que rencontre son client dans la défense de ses intérêts sont intolérables. L’univers de l’arbitraire et de la torture dans lequel est plongé notre pays, les Comores, justifie la nécessité d’établir toute la vérité sur la situation des droits de l’homme et les tortures aux Comores dans le sens de la convention de New-York sur les tortures. Il conviendrait qu’un rapport soit établi par un organe international indépendant mandaté par les Nations Unies.

Me Saïd LARIFOU, avocat des parties civiles dans l’affaire de la citoyenneté économique

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